tricot

  • Les perles de la Sennette : à table !

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    En feuilletant la feuille hebdomadaire de "La Sennette", on épingle quelques publicités et annonces intéressantes. Comme celle-ci faisant référence à une distillerie à Ecaussinnes Nord. C'est qu'on avait le gosier en pente en ces temps-là. Et quelques distilleries étaient implantées sur le territoire écaussinnois. Ainsi il y avait, à l'époque, une usine à Marche-lez-Ecaussinnes, "Distillerie & Sucreries Réunies" dont le siège social était situé à Hal.

    sennette,journal,1914,tricot,publicitésLes plaisirs de la bouche étaient tout aussi prisés et l'on constate que les soi-disant nouvelles tendances de manger chez l'habitant ne sont après tout pas si inédites que ça... Une table d'hôte aux abords de l'église St-Rémy proposait, en effet, un menu à 2 francs 50 qui avait l'air bien alléchant et bien consistant. 

    sennette,journal,1914,tricot,publicités, perles, restaurant, distillerieAu Pilori, Alfred Stassin proposait des produits frais, dont du poisson qu'on livrait bien évidemment le vendredi pour les bonnes familles catholiques.

    Et puis, parmi les petites annonces, je ne peux m'empêcher de cueillir cette petite annonce à double sens : "On demande jeune fille... ayant déjà servi" !

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  • Les perles de la Sennette : la chasse au canular

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    rire, perles, sennetteJetez un coup d'oeil plus attentif sur cette découpe de la Sennette qui date de 1938. Il y a fort à parier que cette annonce est, en réalité, un canular. Il y a bien du Marcel Tricot là-desssous. Lisez bien. Surtout à partir de 3 heures, heure à laquelle on propose la visite de la grande ménagerie Valère... Jules, le singe savant doit y présenter son... travail. Une demi-heure plus tard, les belles-mères (sachant rigoler) enfourcheront des baudets.

    A 7 heures, le bal champêtre se déroulera sur... plancher ciré et un peu plus tard, le bal sera renversé (hein?) mais l'apothéose aura lieu sur le coup de 10h30, où les frères Renier promettent un show éblouissant digne des meilleurs spectacles : plongeon dans le gouffre de l'arcade des Carrières Yernaux, sous le crépitement des feux d'artifices. Et on complète le tableau avec une traversée en barque avec des effets de lumière. Et là, on rit moins en découvrant la ligne suivante... La bourde : le spectacle serait comparable à celui qui a eu Rome pour cadre et... Hitler pour visiteur de marque! On est à quelques encablures de la 2e guerre mondiale et Hitler vient de rattacher l'Autriche au Reich allemand. Le führer promet déjà une guerre européenne. Pas vraiment le personnage à mentionner dans un article qui a tout d'une farce.

    Et on clôture en sourire avec la grande lunette d'approche qui permettra d'admirter la lune comme si elle se trouvait à 50 mètres. De là à affirmer qu'on va marcher sur la lune, il n'y a qu'un pas et il est géant pour les Ecaussinnois.

  • La Sennette du samedi 10 mai 1913

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    La Sennette samedi 10 mai 1913 (Copier).jpg  La Sennette samedi 10 mai 1913 (recto) (Copier).jpg

     

     

     

     

  • Chasse aux sorcières à Marche

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    Aimé Tricot (qui était le grand-père de Marcel Tricot, créateur du Goûter Matrimonial) était instituteur à Ecaussinnes-Lalaing, entre 1840 et 1858. La maison où vécut Marcel, située à la rue des Robinettes, fut aussi une école mixte privée, ouverte par Aimé Tricot.
    Plus tard, il devint le premier historien local, n'ayant cesse d'amasser documents oraux et écrits concernant son village. C'est lui qui a découvert les annales de ce procès en sorcellerie qui s'est passé en 1652.
    L'histoire se déroule à Marche-lez-Ecaussinnes. Nicole Dubois vivait à la lisière d'une forêt qui bordait la propriété de Gabriel Piette. Celui-ci lorgnait, depuis un bon bout de temps, les terres de Nicole mais elle ne désirait pas vendre son bien. Cependant, l'homme insistait. Or, on racontait que Nicole possédait des pouvoirs occultes. De là à affirmer qu'elle était responsable de la conduite adultérine de la femme de Gabriel, il n'y avait qu'un pas que l'époux cocu franchit allègrement...
    Gabriel Piette accusa donc Nicole Dubois d'avoir envoûté sa moitié. L'affaire fit assez de bruit pour que des parents désespérés viennent la trouver. Leur fille était malade et Nicole y pouvait sans doute quelque chose. L'enfant mourut...
    C'en était trop. D'autant qu'on imputait à Nicole d'autres malheurs : incendies, disparition de bétail,... On disait même qu'elle avait osé refuser le baptême de la Sainte Eglise et qu'elle participait à des sabbats.
    Au XVIIe siècle, on ne badinait pas avec ces choses. Nicole fut condamnée à la pendaison, à Lessinnes. Ses possessions furent vendues et le fruit de la vente fut accordé à ceux et celles qu'elle avait "ensorcelés".

  • Sacré Marcel !

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    Nous sommes en 1902. Marcel a 19 ans et il vient de participer à l’une de ces collations traditionnelles. Le jeune homme a l’humour espiègle et une idée audacieuse germe dans son esprit : celle de concocter une farce pour le « mai » de l’année suivante… Sa blague sera d’autant plus efficace qu’il peut s’appuyer sur un père qui exerce la respectable fonction de secrétaire communal. Les Tricot disposent, en outre, d’une presse puisqu’ils possèdent une imprimerie. Marcel compose donc une affiche de son cru. À la faveur de la nuit, il placarde l’avis, aux abords de l’église. Voici ce qu’on y lisait :

    Ecaussinnes-Lalaing.
    Place de la Bassée.
    A l’occasion du « mai » planté en l’honneur de la jeunesse.
    Lundi 1er juin 1903 (Pentecôte).
    A 4 heures.
    GOÛTER MONSTRE
    Offert par les 60 jeunes filles à marier du centre de la commune.
    Étant délaissées par un grand nombre de nos concitoyens, nous prions les jeunes gens des environs de bien vouloir participer au dit goûter, et espérons avoir sous peu le plaisir d’assister à de nombreux mariages.
    Les 60 jeunes filles à marier.
    Plusieurs sont sur le point de coiffer Sainte-Catherine.
    N.B. Bien retenir la date du 1er juin.

    Marcel ne s’arrête pas en si fripon chemin puisqu’il expédie à vingt journalistes, un communiqué reprenant le texte de l’affiche. Interloqués, amusés, sceptiques, certains rédacteurs réclament des éclaircissements à l’administration communale, et reçoivent confirmation auprès du… secrétaire communal.

    La réaction ne se fait pas attendre. Le courrier commence à affluer. Assisté de son ami Georges Wargnies, Marcel se met dès lors à répondre aux lettres enflammées de jeunes femmes en quête d’un mari. Un comité de demoiselles est dare-dare constitué et on nomme la première Présidente.

    L’initiative était pour le moins hardie pour l’époque. Le féminisme était loin de recevoir un écho favorable dans les villages et, en dépit des conventions et de la bonne morale du temps, Marcel proposait aux jeunes filles de tenter le premier pas… On devine l’effarouchement et les murmures de réprobation des sensibilités les plus prudes lorsque l’événement prit forme. La Présidente tente d’émousser les reproches, en livrant ce discours :

    « Messieurs, Lorsque parurent dans les journaux les quelques lignes annonçant aux célibataires du monde civilisé nos intentions matrimoniales, beaucoup de braves gens imbus de principes surannés, firent chorus avec les quelques vertus effarouchées et plus ou moins suspectes nous accabler de leurs sarcasmes. Si nous n’avions pas été fortes dans notre résolution, si nous n’avions pas été animées de l’ardent désir de faire la connaissance de ceux que nous voudrions pouvoir un jour aimer avec toute l’ardeur du sublime amour conjugal, nous aurions, sans doute, abandonné ce projet un peu hardi, nous le reconnaissons, mais capable de détruire ces déplorables préjugés condamnant la jeune fille à attendre patiemment sous l’orme, le prince charmant, qui le plus souvent, se fait attendre ou qui, par comble de malheur, ne vient jamais.Et pour plaire à ces bonnes gens, nous aurions probablement dû nous vouer au célibat éternel, sacrifier nos trésors de tendresse et remercier la Providence de nous avoir faites les victimes de ces convenances absurdes qui régissent l’humanité.

    Devant le spectacle inoubliable qui se présente à nos yeux, il est permis de se rendre comte de la faute énorme que nous aurait fait commettre notre défaillance. Nous sommes heureuses et fières d’être les vulgarisatrices d’un système qui ne manquera pas d’être adopté bientôt partout et facilitera d’une façon sérieuse les rapports entre les personnes désireuses de se plonger dans les douceurs de l’hymen. Vous n’êtes pas restés sourds à notre appel, Messieurs, parce que vous êtes convaincus que l’émancipations de la femme, ainsi comprise, est une chose excellente, que vous en bénéficierez au même titre que nous puisque les grands philosophes sont unanimes à proclamer que le bonheur réel ne réside que dans le mariage.Vous venez de nous prouver que pour ceux qui ont du cœur, les distances ne sont rien ; des quatre points cardinaux, vous êtes accourus en foule. Votre présence fait battre nos cœurs d’une divine allégresse. Nous vous en remercions tous et à tous, nous vous souhaitons la bienvenue. »

    Les trois premières années, l’événement a pour cadre la Place de la Bassée mais le succès grandissant des réjouissances pousse les organisateurs à déplacer le Goûter vers la Place des Comtes, alors baptisée « Place de la Ronce ».

    Cerné par des barrières Nadar et par les flèches de Cupidon, le village d’Ecaussinnes-Lalaing se parfume de romantisme chaque lundi de Pentecôte. Les amoureux s’engouffrent dans le Tunnel qui porte leur nom. Marcel Tricot a, en effet, pris le tendre soin de rebaptiser les endroits stratégiques de sa localité (« Douces Arcades » pour « Douze Arcades », « Pont des Soupirs » pour rivaliser avec Venise, le « Rocher des Belles Dames »… ).

    Les « candidats au mariage » débarquent en masse dans la coquette bourgade, dans l’espoir de dénicher la perle ou tout simplement de badiner. Amourette d’un jour, coup de foudre, déception ou début d’une union solide, l’aventure vaut, semble-t-il, la peine d’être vécue puisqu’on vient du monde entier à Ecaussinnes... Pour peu qu'on croit à l'Amour...

  • La tradition du mai

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    S'il faut en croire son inspiration, l'origine du Goûter Matrimonial remonte, en fait, à la nuit des temps. À l'époque lointaine où les jeunes gens plantaient un mai (une grosse branche d'arbre ou un jeune plant) devant la porte des demoiselles. C'était leur façon de rendre hommage à la vertu de la jeune dame. Dans certains cas, le message devait toutefois être compris avec d'autres nuances... Le mai devenait alors synonyme d'insulte. C'est vraisemblablement la raison pour laquelle le Concile d'Auxerre bannit cette coutume en 578 mais l'interdiction a apparemment été bravée dans nos contrées et la tradition s'est maintenue jusqu'au milieu du XIXe siècle. On dressait alors un mai par hameau, ainsi qu'une pancarte sur laquelle on inscrivait : Honneur aux jeunes filles de tel ou tel hameau". Les filles offraient ensuite un goûter aux jeunes gens pour les avoir ainsi honorées. Le caractère espiègle de Marcel Tricot a fait le reste à Ecaussinnes...

  • Piquez une tête dans "La Sennette"

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    La Sennette, hebdomadaire écaussinnois créé en 1903, par Onésiphore "Marcel" Tricot (voit le 19 novembre 2005), grouille d'informations savoureuses sur l'événement écaussinnois par excellence. Dans celle du 4 juin 1922, on pouvait ainsi découvrir l'inventaire des mariages conclus à Ecaussinnes-Lalaing. "En 1902 et années précédentes, il y a eu 10 mariages en moyenne; en 1903 (1er goûter), il y a eu 14 mariages en moyenne; 17 en 1904; 8 en 1905 (cette diminution proviendrait du mauvais temps, croyons-nous)" (...) Et la liste se poursuit, les unions matrimoniales dans la localité allant croissant.
    Dans l'édition du 5 juin 1909, on lit à propos du septième Goûter : Dès la veille, du reste, on voyait des Anglais en culottes de cyclistes, déambuler gravement par les rues du petit village, à la grande stupéfaction des habitants qui ne comprennent pas, en général, la vigue que s'est acquise - surtout à l'étranger - notre fameux goûter."
    C'est que l'Amour a de tous temps toujours fait recette. Malgré l'état préoccupant du monde, Cupidon ne cesse de décocher des flèches bien acérées dans nos petits coeurs.. qui n'attendent que ça ! La Saint Valentin est encore là pour nous le rappeler.
    "Vous venez de nous prouver que pour ceux qui ont du coeur, les distances ne sont rien; des quatre coins cardinaux, vous êtes accourus en foule. Votre présence fait battre nos coeurs d'une divine allégresse. Nous vous remercions tous et à tous, nous souhaitons la bienvenue !" C'est sur ces mots empreints d'une naïveté touchante que la première présidente du goûter matrimonial clôtura son discours, le 1er juin 1903. Parfois, j'ai soif d'une telle candeur. Pas vous ?

    L'École Communale du Sud a sur son site Web, une jolie collection de cartes postales collationnées par un instituteur, M. Jean-Claude Castermant. Vous pouvez vous essayer à un quizz sur Ecaussinnes.
    C'est par ici : http://www.ecole-du-sud.be/quizz.html