scoufflény

  • L'agenda 1964 des Carrières de Scoufflény

    Pin it!

    scoufflény,granit,carrières,pierreTandis que la présentatrice de "Télé Dimanche" est licenciée pour avoir osé montrer ses genoux sur l'ORTF et que le Conseil de Sécurité de l'ONU envoie des casques bleus à Chypre afin de cesser les conflits entre Grecs et Turcs, Ecaussinnes s'apprête à vivre son Goûter matrimonial à la Pentecôte, avec sa présidente, Gilberte Dubrulle. Nous sommes en 1964 et les Carrières de Scoufflény, comme chaque année, font publier l'agenda de l'année, à l'intention de leurs employés. 

    A la direction générale, Marius Charon est aux commandes, aux côtés de Freddy Dereume au service technique et de Maurice Van Elsen au service commercial. Le numéro de téléphne ne comporte que cinq chiffres: 420.12 et 420.14. Les premières pages de l'agenda détaillent la situation des établissements. Le siège de Scoufflény, y est-il précisé, "se trouve à 1.500 mètres environ de la Grand-Place d'Ecaussinnes. Pour y parvenir, prendre la route qui part du Château-Fort d'Ecaussinnes-Lalaing et qui longe le chemin de fer de notre raccordement à la gare d'Ecaussinnes-Carrières."

    scoufflény,granit,carrières,pierrescoufflény,granit,carrières,pierre

    On y produit des blocs émincés pour marbrerie, des pierres sciées, des tranches et des seuils, des pierres façonnées pour bâtiments, monuments ou travaux d'art, des pierres polies et des carrelages, des bordures de trottoir, de route et type enterré, des moëllons appareillés pour soubassements ou perrés (revêtements en pierres visant à renforcer un remblai, par exemple), des pierrailles pour fonderies et empierrements, de la chaux grasse et encore du concassé.

    Les tarifs pour les diverses productions des Carrières y sont indiqués, et notamment des seuils sciés (voir illustration). 

    scoufflény,granit,carrières,pierreOn y précise que plus de 10.000 ouvriers travaillent dans l'industrie de la pierre bleue en Belgique. "La pierre exploitée par les Carrières de Scoufflény est sans contredit, de tous les matériaux, celui qui convient le mieux à notre climat. N'absorbant pas l'eau, elle n'est pas gélive et résiste à toutes les intempéries; sa teinte claire, uniforme, sa texture cristalline sont d'une grande beauté." Et de surcroît, elle ne nécessite aucun entretien.

     

     

     

  • Le pont portique des Carrières de Scoufflény fabriqué à Enghien

    Pin it!

    Enghien St.Eloi - Catalogue Appareils de levage - couverture extrait (Copier).jpgEnghien St.Eloi - Catalogue Appareils de levage - page 8 extrait (Scoufflény) (Copier).jpgFondée en 1904, la Société métallurgique d'Enghien-Saint-Eloi fabriquait à l'origine toutes les constructions métalliques. Plus tard, son activité allait se concentrer plus précisément sur les charpentes, ponts et réservoirs. Dans les années 50, la capacité de production annuelle oscillait autour des 25.000 tonnes. 

    L'entreprise a, comme on le constate dans cette revue émanant de la société, fourni un pont portique pour les Carrières de Scoufflény. Un pont de 50 tonnes, d'une portée de 58 mètres.

  • Les carrières de Scoufflény vues du ciel: un ilôt bleuté

    Pin it!


    View Larger Map

    Chacun a passé quelques moments sur Google Street View pour voir sa maison, sa rue. Les images par satellite sont tout aussi impressionnantes, si pas davantage. Les carrières de Scoufflény, tout comme le Trou Barette, ont quelque chose de presque exotique. Comme une bulle de verdure et d'eau bleutée égarée loin de l'agitation du village. Comme un ilôt de tranquillité bordé d'arbres, de végétation et de champs blonds.

  • Scoufflény : la chapelle Notre Dame de Liesse à l'abri de son orme

    Pin it!

    IMG_7024mod.jpgClassée, la chapelle Notre-Dame-de-Liesse à Scoufflény semble somnoler dans son écrin de verdure. Quelques rayons de soleil s'immiscent, curieux mais discrets, à travers les vitraux qui tracent des mosaïques chamarrées sur le plâtre.

    A l'extérieur, un mur envahi par le lierre et un arbre protecteur se penchent doucement sur un vieux banc. Lorsque le soleil d'été devient trop chaud, on s'y attarderait volontiers en quête de fraîcheur et de sérénité.

    scoufflény,chapelle,notre dame de liesse,vierge,statue,épervier,nature,campagne Comme pour la plupart des  points touristiques du cru, une légende est attachée au lieu. Fin du XIVe siècle, le Seigneur de Lalaing ordonne à des bûcherons d'élaguer des arbres. Et pas n'importe quel jour : un vendredi saint. La superstition aidant, il n'en fallut pas davantage pour échauffer l'imagination.

    On raconte, en effet, que les bûcherons découvrirent une statuette de la vierge Marie dissimulée au sommet d'un orme. Le seigneur s'empara du précieux objet et l'enferma à double tour dans un coffre de son château. Mal lui en prit. Le lendemain, le coffre était vide et la statue fut retrouvée... dans un nid d'éperviers sur le même orme. Etant donné que la Vierge voulait demeurer là, le seigneur fit dresser une chapelle à cet endroit. 

    scoufflény,chapelle,notre dame de liesse,vierge,statue,épervier,nature,campagne Depuis le XIIe siècle, Liesse en France est un lieu de pèlerinages incontournable.  La légende de Liesse met en scène trois croisés retenus prisonniers près de Jérusalem. L'histoire se passe en 1134. Ils seront finalement libérés par une princesse musulmane, Ismérie qui deviendra catholique. C'est ainsi qu'une chapelle Notre-Dame voit le jour aux abords d'une fontaine. Un miracle a lieu en 1139. Ils se multiplieront à un point tel qu'au XIVe siècle, une confrérie de Notre-Dame de Liesse sera fondée. D'autres confréries seront créées un peu partout en France. Et Liesse deviendra le lieu de pèlerinage des rois de France. 

    A Scoufflény, la petite chapelle n'a vraiment jamais connu la ferveur de Liesse. Elle poursuit sa vie paisible et champêtre à l'abri de son orme.

    scoufflény,chapelle,notre dame de liesse,vierge,statue,épervier,nature,campagne

  • Scoufflény, une généreuse tranche de campagne à deux pas du petit village

    Pin it!

    IMG_7061.jpgScoufflény, c'est un peu le bout du bout du village. L'un des rares endroits écaussinnois où la campagne a encore droit de cité, et où la folie immobilière n'a pas encore grignoté l'humus.

    Bucolique, le hameau a gardé les stigmates de la présence de la carrière mais la végétation, luxuriante et sauvage, a fait son oeuvre tout en finesse. A Scoufflény, on peut encore fouler les bas-côtés herbus de la route en respirant à pleines bouffées les parfums de la campagne.

    IMG_7011mod.jpg On s'enivre de vert et de turquoise... quand le soleil daigne pointer le bout de son nez. Et on en oublierait presque le parc à conteneurs au coeur de cet oasis de calme et de senteurs champêtres. 

    IMG_7054mod.jpg IMG_7076.jpgLes "mauvaises herbes" parsèment la verdure des accotements. Indomptée, primitive et belle, la nature déploie  à Scoufflény toute sa suavité.

    Que Scoufflény demeure telle quelle longtemps encore. Tel est mon souhait. Que les pissenlits y fleurissent toujours en abondance. Que l'esprit champêtre imprègne les lieux. 

    Classé "Site de Grand Intérêt Biologique" par la Région wallonne, le site des anciennes carrières de Scoufflény s'étire sur plus de 37 hectares. Il comprend, en outre, un plan d'eau de 11 hectares, dont les profondeurs avoisinent les 50 mètres. C'est une propriété privée et il est, en principe, interdit d'y accéder. On sait que plusieurs plongeurs et nageurs y ont perdu la vie.

    A quand une mutation du site en réserve naturelle ? On peut rêver. Cette volonté aurait en tous cas le mérite de mieux protéger l'intérêt biologique des lieux et de mieux règlementer l'accès aux anciennes carrières. On peut imaginer un accès payant aux visiteurs avec sentiers balisés et possibilité de bénéficier d'un guide si on le veut. Il existe, après tout, peu de lieux naturels dans le Hainaut où l'on peut se promener, à l'écart du fracas de la vie urbaine. Eh oui, je rêve, je rêve...

     IMG_7013mod.jpg  

  • Nos carrières : les meilleures au monde au siècle dernier

    Pin it!

    Au début du XXe siècle, il paraît que nos carrières, celles de la région de Soignies et d'Ecaussinnes sont les mieux exploitées au monde. C'est en tous cas l'avis de Victor Gauthier qui le clame haut et fort dans "Le Centre" (1930 - Chambre de Commerce et d'Industrie du Centre). Si le petit granit est la pierre précieuse du Hainaut, de Mafles à Ligny, c'est dans la région de Soignies, Neufvilles, Ecaussinnes et Marche que cette industrie marche le mieux.

    Dans le Centre, les carrières occupent pas moins de 5000 ouvriers qui extraient près de 200.000 mètres cube de pierres (cela représente grosso modo la bagatelle de 500.000 tonnes). Ce n'est pas par hasard : la qualité de la pierre y est exceptionnelle. Elle a une grande résistance à l'écrasement, une valeur esthétique indéniable ainsi qu'une durée de vie pour ainsi dire infinie en dépit des climats les plus destructeurs.

    Pour l'anecdote, en 1930, il faut former le 12 pour appeler les Carrières de Scoufflény !
     

    carrières
    Dessin de Fernand Liénaux