jeudi, 10 août 2017

Ernest Duray, le colombophile acharné

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En feuilletant l'Almanach du Soir de 1935, j'ai épinglé un article sur un Ecaussinnois faisant partie d'une famille de renom. On y évoquait, en effet, un colombophile de talent, Ernest Duray. Son buste (réalisé par le sculpteur et architecte Hector Brognon) est érigé à l'angle des rues Noires Terres et Camille Duray. Et je me suis souvent demandé pourquoi la rue portait le nom de son frère. En n'y prenant pas attention, on pourrait se méprendre et croire qu'il s'agit du buste de Camille Duray. Il n'en est rien. En réalité, le monument rend hommage à l'ensemble de l'influente famille Duray qui fut une famille d'industriels mais aussi d'hommes politiques. Emile, le père est le fondateur des Usines Duray spécialisées dans la métallurgie. Ernest fut l'un des patrons des  Usines Duray mais pas que... Ernest est également l'une des grandes figures du libéralisme écaussinnois. Il fut conseiller communal, représentant à la Chambre et sénateur provincial.

C'est le fils cadet d'Emile Duray et comme ses frères, il est né à Houdeng-Goegnies. Il suit les cours de l'Ecole moyenne et dans les années 1890, entre de plain-pied dans le monde du travail. Et par la même occasion, dans l'atelier familial de chaudronnerie et de constructions métalliques implanté à Ecaussinnes depuis 1875. Il sera commis à la direction du bureau de dessin et de pointage des ouvriers, tout en poursuivant des cours à l'Ecole industrielle louviéroise. Peu avant l'aube du XXe siècle, Ernest devient directeur de la brasserie que son paternel vient de créer, la "Brasserie Duray Fils".

Les Usines Emile Duray actives jusqu'en 1981

Au décès du père en 1908, Camille, Arthur et Ernest fondent les "Ateliers Duray". L'entreprise est spécialisée en métallurgie et dirigée par Camille. La première guerre mondiale va quelque peu bouleverser l'état des affaires. Après l'Armistice, les affaires ont peine à reprendre et comme si cela ne suffisait pas, la brasserie bat de l'aile, la concurrence étant impitoyable. En 1937, elle doit mettre la clé sous le paillasson. Les colonies vont cependant faire refleurir le marché de la métallurgie et les Usines Emile Duray connaîtront le pic de leurs activités. L'Indépendance du Congo signera cependant l'arrêt de mort des usines écaussinnoises qui disparaîtront en 1981. 

Un colombophile averti

colombophilie,duray,atelier,brasserie,patron,libéralisme,pigeonMalgré son emploi du temps fort chargé, Ernest Duray a eu une passion qu'il chérit par-dessus tout : la colombophilie. En fait, il a commencé à se passionner pour les pigeons dès l'âge de 12 ans. En 1943, après avoir brillé dans de nombreux concours et s'y être distingué en tant que champion et avoir créé sa propre souche de pigeons, il écrit même un livre, "Souvenirs de cinquante années de pratique de sport colombophile".

Dans l'Almanach illustré du Soir, on publie une photo de lui, debout près du tableau de son palmarès. On pouvait y lire qu'il avait été Prix du Roi, Prix Davignon, Prix Hanssens, Prix Anderson et il avait eu la Coupe du Soir. C'est le plus grand champion colombophile depuis la guerre 14-18 et il avait été trois fois premier prix national de Pau ainsi que deux fois premier prix national de Dax. Et pourtant le 3 décembre 1933, selon cette source, Ernest Duray vend ses 65 pigeons, au Palais du Sud à Bruxelles, contre la coquette somme de 124.142 francs belges. C'est une très belle somme à l'époque puisqu'avec cet équivalent, on pouvait acquérir une dizaine de maisons! Entre 1925 et 1933, Ernest Duray engage 105 volatiles dans des concours de fond et empochera 82 prix. Pardonnez du peu.

Dans l'article dans lequel il est mentionné, Willy Herrygers souligne qu'"il ne faut pas perdre de vue que, pour arriver au succès et s'y maintenir, en colombophilie, il ne suffit pas de posséder d'excellents sujets et de les cultiver de la bonne manière : il faut aussi les tenir en excellente santé et leur faire aimer leur home !" Voilà sans doute pourquoi ses deux principaux cracks raflant le Grand Prix du Soir en 1933, méritent, par cette illustration, les honneurs de la postérité.

jeudi, 25 août 2011

Chapelle Saint Fiacre : le peuple n'avait pas de blé, le moine ne racontait pas de salade!

Chapelle Saint Fiacre [Watermarked].jpgIMG_3440 [Watermarked].jpgFlanquée de deux arbres fiers et protecteurs, la chapelle Saint Fiacre située rue de Seneffe, semble dormir depuis des siècles, sous ses couvertures de toiles d'araignée. Peu de personnes doivent encore jeter un coup d'oeil entre les barreaux du "judas". Les arachnides ont d'ailleurs pris possession des lieux  peu troublés par la curiosité des passants.


Qui connaît encore aujourd'hui Saint Fiacre ? Mis à part les spécialistes en hagiographie ou les écclésiastiques. Traditionnellement muni d'une bêche, ce moine d'origine irlandaise a fondé - vraisemblablement au VIIe siècle, un monastère près de Meaux en France qui a d'ailleurs fait l'objet d'un pélerinage très populaire. Le saint compte de nombreuses chapelles en France tant qu'en Belgique. Fêté le 30 août, il est le patron des jardiniers mais fut aussi tenu pour celui des cochers de fiacre. Son effigie figurait, au XVIIe siècle, sur l'enseigne d'un hôtel de la rue St-Antoine à Paris, transformé par la suite en maison de louage de carrosses.IMG_3430zoom.jpg


Fiacre hérite d'un ermitage rongé par la misère et la faim. Le moine sollicite donc son évêque : si seulement il pouvait défricher un bout de terrain et le dompter, il pourrait aussi soulager ces pauvres gens. Une fois son potager cultivé, Fiacre en distribue le fruit aux indigents et se met ensuite à créer un jardin de plantes médicinales mais aussi à planter des fleurs qu'il baptise "sourires de la terre". Il bâtit enfin un hospice où affluent les malades des quatre coins de France.  

Et en parlant de jardin, celui du château fort est situé juste à l'arrière et accessible aux visiteurs jusqu'au 31 octobre, tous les dimanches à 15 heures.

http://www.chateaufort-ecaussinnes.be/Jardin.htm

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