jeudi, 21 septembre 2017

Dans "L'Echo Belge", la crise à Ecaussinnes en 1915

Journal quotidien du matin paraissant à Amsterdam, l'Echo Belge fait référence à Ecaussinnes, dans son édition du lundi 22 mars 1915. On est en pleine guerre et le situation n'est pas brillante. L'industrie de la pierre bat de l'aile et l'échange de la monnaie devient un véritable problème aux Ecaussinnes.

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14:33 Écrit par Nadine Lebrun dans Journaux d'époque | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : journal, écho belge, 1915, carrière |  Facebook | | Pin it! | | |

jeudi, 07 septembre 2017

Les perles de la Sennette : à table !

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En feuilletant la feuille hebdomadaire de "La Sennette", on épingle quelques publicités et annonces intéressantes. Comme celle-ci faisant référence à une distillerie à Ecaussinnes Nord. C'est qu'on avait le gosier en pente en ces temps-là. Et quelques distilleries étaient implantées sur le territoire écaussinnois. Ainsi il y avait, à l'époque, une usine à Marche-lez-Ecaussinnes, "Distillerie & Sucreries Réunies" dont le siège social était situé à Hal.

sennette,journal,1914,tricot,publicitésLes plaisirs de la bouche étaient tout aussi prisés et l'on constate que les soi-disant nouvelles tendances de manger chez l'habitant ne sont après tout pas si inédites que ça... Une table d'hôte aux abords de l'église St-Rémy proposait, en effet, un menu à 2 francs 50 qui avait l'air bien alléchant et bien consistant. 

sennette,journal,1914,tricot,publicités, perles, restaurant, distillerieAu Pilori, Alfred Stassin proposait des produits frais, dont du poisson qu'on livrait bien évidemment le vendredi pour les bonnes familles catholiques.

Et puis, parmi les petites annonces, je ne peux m'empêcher de cueillir cette petite annonce à double sens : "On demande jeune fille... ayant déjà servi" !

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vendredi, 10 juin 2016

Le Sunday Star de Wahington D.C. en parle en 1910

The Sunday Star Washington DC January 1 1911 (Copier).jpgDans une rétrospective du 1er janvier 1911 du Sunday Star de Washington D.C., une rubrique évoque les facéties de Cupidon et il y est naturellement fait mention du Goûter matrimonial d'Ecaussinnes de l'année précédente. Cocorico! La présidente se nomme Marie De Ceuleneer. On y parle de la petite ville (sic) d'Ecaussinnes-Lalaing qui organise chaque année son "matrimonial lunch" et il y est souligné qu'avant 1902, les chances pour une fille de se marier étaient de une sur cinq parce que la plupart des jeunes hommes émigraient ou cherchaient épouses à l'étranger. "Nul besoin de préciser que les chances de trouver un mari ont été décuplées." C'est tout. Anecdotique sans doute mais il n'est fait mention dans cet article que de potins américains.

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Universiteitsbibliotheek Gent

21:29 Écrit par Nadine Lebrun dans Goûter matrimonial, Journaux d'époque | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : usa, sunday star, lunch, 1911, journal |  Facebook | | Pin it! | | |

jeudi, 14 avril 2016

Los Angeles Herald: "Des Françaises veulent arrêter le suicide de la race"... à Ecaussinnes!

Los Angeles Herald June 23 1905 coupure.jpgNous sommes le 23 juin 1905 et le Los Angeles Herald s'intéresse au Goûter matrimonial écaussinnois. Impossible d'imaginer ça aujourd'hui! L'avant-titre a quelque chose de résolument racoleur et de choquant, de faux aussi mais à Los Angeles, qui sait réellement qu'Ecaussinnes est en Belgique et que la Belgique n'est pas la France... "Des filles françaises ont pour projet de juguler le suicide de la race". L'information reçue par câble télégraphique vient de Bruxelles; elle est datée du 22 juin 1905 et publiée le lendemain. "Suicide de la race"... On n'y allait pas avec le dos de la cuillère, à l'époque. 

journal,los angeles,1905,célibatairesEntre 1903 et 1905, le goûter matrimonial se déroule à la Place de la Bassée mais dès 1906, la foule de plus en plus nombreuse contraint les organisateurs à le déplacer vers la Place de la Ronce (Place des Comtes). C'est Félicie Lescut qui préside le goûter 1905, tout comme elle l'a déjà fait, l'année précédente. Un goûter à l'eau, pourrait-on dire, puisqu'il n'arrêtera de pleuvoir et on entendra même le tonnerre gronder.

"La petite ville d'Ecaussinnes dans la province du Hainault (SIC) est déterminée à combattre le suicide la race. Les beaux partis étant très rares dans les parages, les filles à marier ont récemment invité les célibataires du monde entier à un pique-nique monstre. Beaucoup ont accepté l'invitation. Les célibataires ont découvert les lieux pittoresques, ils se sont généreusement divertis et on leur a chanté la sérénade. En soirée, il y a eu un banquet et une procession aux flambeaux et des danses sur les prés du village. Le responsable de l'état civil et ses employés se préparent à présent à publier les bans."

Le titre a été créé en 1873 et a vécu 116 années. Journal californien aux opinions démocrates, il s'intéresse dans un premier temps aux nouvelles essentiellement locales et aux potins de Hollywood. Mais c'est au 3e goûter matrimonial écaussinnois qu'il s'intéresse à l'aube du XXe siècle. Quelques lignes seulement mais pour un quotidien essentiellement tourné vers le local hollywoodien, cela en dit long sur l'aura de la Cité de l'Amour à cette époque.

dimanche, 24 mai 2015

Coup de foudre sur le 3e Goûter matrimonial

Dans son édition d'avril 1927, la revue mensuelle namuroise Le Guetteur Wallon consacre plusieurs pages au Goûter matrimonial d'Ecaussinnes. Emile Close avait assisté à la première festivité, en 1903 et y retournait en 1905. Ce sont des souvenirs de ce goûter qu'il égrène dans cette édition du Guetteur Wallon. Comme je n'ai pu trouver d'illustrations de ce 3e Goûter, les cartes postales ne sont pas datées de cette année et font, pour la plupart, référence au 4e ou 6e Goûter matrimonial.

Ecaussinnes, goûter matrimonial, 1905, célibataires, fête, Guetteur Wallon, journalL'auteur épingle quelques anecdotes savoureuses, dont celle d'un certain Alcide originaire du Pas-du-Calais qui écrit, comme bon nombre d'étrangers, au comité. Il ne manque pas de souligner qu'il hériterait d'ici peu de la coquette somme de 60.000 francs et qu'étant donné que la Belgique semblait en pénurie d'hommes à marier, elle penserait à accueillir des étrangers comme lui. Un jeune comédien français, habitué des salles de province, écrit, quant à lui, qu'il souhaite vivement trouver l'âme soeur. Il joint à sa lettre un portrait de lui endimanché et précise qu'il est d'excellente souche. "J'ai abordé, ajoute-t-il, la carrière dramatique si périlleuse, où je suis cependant resté le garçon honnête qu'ont fait de moi mes parents. J'ai 27 ans, le mariage est mon rêve ; de plus, je suis catholique et de physique agréable." L'acteur ne manque évidemment pas de réclamer une dot de 15.000 francs...! Il rapporte également qu'un Juif s'est enquis auprès du comité pour savoir s'il y avait des filles juives à épouser dans la bourgade. Le secrétaire s'est exclamé qu'il y avait à Ecaussinnes, une rue des Juifs, comme à Amsterdam.ecaussinnes,goûter matrimonial,1905,célibataires,fête,guetteur wallon,journal,mariage,souvenirs

Cinq Ecaussinnoises pour un Ecaussinnois!

A Ecaussinnes, la vie économique se repose essentiellement sur l'exploitation des carrières de petit granit qui occupe la partie méridionale des deux localités: Ecaussinnes-Lalaing et Ecaussinnes d'Enghien. Mais ce n'est curieusement pas ce qui a de plus surprenant dans la commune. Selon l'auteur, il semble qu'il y ait bien plus de petites filles que de garçons. Un échevin avance des preuves: il y a, à Ecaussinnes, cinq naissances féminines pour une naissance masculine! Le phénomène est, paraît-il incompréhensible, et encore aggravé par le refus des jeunes gens d'épouser des filles du cru. Et pourquoi?, s'interroge Emile Close. "On n'a pas envie", répondent en choeur des célibataires. "Il y a trop de célibataires. Nous ne sommes pas tranquilles." D'autres prétendent que les carriers ont le coeur dur ou qu'il impossible de faire un choix étant donné qu'il y a précisément trop de choix!

ecaussinnes,goûter matrimonial,1905,célibataires,fête,guetteur wallon,journal,mariage,souvenirsDes sociétés de jeunes gens se sont formées pour participer au Goûter. En font partie: les "Jeunes gens en quête d'une position sociale" de Braine-le-Comte, les Postulants de Manage, les Célibataires d'Horrues avec leur pancarte. Après le déjeuner, les groupes se forment pour visiter le château fort. L'étonnante scène décrite par Emile Close est teintée d'une douce anarchie: "des centaines de jeunes gens arpentèrent au galop les vastes salles vides aux solives de chêne dont les papiers de tenture, arrachés, pendaient comme des loques, et, n'y voyant rien d'autre pour leur curiosité, se mirent à chanter, à rire, à plaisanter, essayant de se distraire en dégringolant les escaliers, en ouvrant les portes des placards, des réduits et des 'retiros', en y enfermant les traînards dans une rigolade déchaînée. Ils avaient l'air d'une bande de pillards déçus."

Coup de foudre

Le discours de bienvenue de la présidente, Félicie Lescut avait lieu sur la Place de la Bassée mais c'était sans compter sur un orage qui éclata sans crier gare... "En désordre les membres de la chorale dégringolèrent quatre à quatre, leurs chapeaux à la main pour les abriter de la pluie, relevèrent le col de leurs redingotes et galopèrent furieusement vers les estaminets déjà remplis. La présidente battit en retraite chez un cabaretier voisin." La scène est touchante, presque pathétique. "Elle était toute défrisée par l'averse ; des mèches de ses cheveux battaient ses oreilles et son front. Avec sa petite figure de blonde de vingt-cinq ans, aux yeux bleus saillants, elle avait au repos une expression placide et presque triste. Une robe de lainage bleu habillait son corps fluet, d'où sortait une voix grave."

La jeune Félicie était surtout préoccupée par son discours, elle avait hâte de le déflorer et maudissait les nuages noirs qui ruisselaient sur la fête de l'amour. En attendant que le ciel se dégage, Félicie parle avec le journaliste et lui confie qu'elle travaille avec sa mère dans l'estaminet de la rue principale, le bien nommé "A la Présidente du goûter matrimonial". Elle est nerveuse et peine à se concentrer sur la conversation. Elle ne pense qu'à ce discours, le sien qui lui tarde de prononcer.

Le comité des fêtes décide alors de déplacer la fête à un endroit plus au sec. Sous un parapluie, les mains crispées sur son papier, Félicie a les joues roses mais elle est déterminée. Le cheveu débouclé et le regard inquiet, Félicie s'enfonce dans une grande salle à l'étage d'un café situé sur la Place de la Grande Ronce. Elle grimpe sur la scène, sous les applaudissements nourris de la foule qui l'avait suivie. D'une voix forte et calme, Félicie esquisse un sourire et commence à lire son discours.

"Tout ça n'vaut pas l'amour!"

"On célébrera cette année, par des fêtes splendides, le 75e anniversaire de l'indépendance belge. Sans doute, travailler à la prospérité et à la gloire de sa patrie, combattre pour ses droits, son indépendance et sa liberté, tout cela est fort beau, mais permettez-moi de vous dire confidentiellement, en employant les termes d'un couplet actuellement en vogue: Tout ça n' vaut pas l'amour !" Dehors la pluie battait les vitres du café. Le goûter "monstre" avait été préparé sur la place de la Bassée et les nappes blanches, les tasses de faïence gravées de lettres d'or (Santé, Espoir, Amour) étaient trempées. Une estrade surmontée d'un gros coeur rouge et de guirlandes de drapeaux était fouettée par les éléments en furie mais on n'arrête pas le flot de l'Amour à Ecaussinnes. Le goûter fut finalement improvisé dans les estaminets environnants, où la foule riante savourait cafés au lait, mastelles (couques à pâte très dure) et carabibis (bâtons de caramel).

Dans les rue de Lalaing, la drache n'arrête pas les ardeurs des jeunes gens qui, parapluies en main, dansent et chantent sur les pavés glissants du patelin. Pendant ce temps, Félicie aide sa mère à servir les bières. Le mauvais temps l'a visiblement tracassée. Elle songe aux unions qui n'auront pas lieu, cette année, à cause des foudres du ciel. "Un an à attendre, c'est long. D'autant plus qu'une occasion perdue, Dieu sait quand on la retrouvera. Vous ne savez pas, rien que dans cette rue-ci, il y a quarante-trois jeunes filles à marier, quarante-trois, oui, monsieur !"

Le crépuscule tombe sur Ecaussinnes et les flonflons, les chants, les danses bientôt s'estomperont au fond de la nuit en cet an de grâce 1905. La mère de la présidente, une sage femme avait soufflé au journaliste qui s'étonnait de toute cette exubérance: "Il faut bien que jeunesse se passe, savez-vous. Il n'y a pas de mal à rire, si l'on est rentré le soir." En effet.