jeudi, 23 juillet 2015

Le blason de la commune d'Ecaussinnes

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Etude des armoiries, l'héraldique fait partie du droit médiéval et de l'Ancien Régime. Devenu aujourd'hui désuète, la science des blasons appartient au passé, à l'instar de la sigillographie (étude des sceaux) ou la phaléristique (étude des ordres, décorations et médailles).

Par arrêté royal du 7 juin 1979, Ecaussinnes fut autorisé à arborer les armoiries ci-contre: "Écartelé : aux 1 et 4 écartelé aux a et de de gueules à dix losanges d'agent posées 3, 3, 3 et 1 qui est Lalaing et aux b et c d'or à trois lions de gueules qui est Rœulx dit d'Écaussines, aux 2 et 3 de sinople au lion d'argent armé, lampassé et couronné d'or, au chef d'argent chargé de trois aiglettes de sable. Sur le tout écartelé : aux 1 et 4 d'argent à cinq fasces d'azur, au lion de gueules à la queue fourchue armé, lampassé et couronné d'or, brochant sur le tout qui est Luxembourg-Houffalize, aux 2 et 3 d'argent à deux pals de gueules, qui est Orley et sur le tout gironné d'argent et de sable de dix pièces, chaque giron de sable chargé de trois croix recroisettées au pied fiché d'or, les pieds dirigés vers le cœur de l'écu qui est Enghien." (Source: Wikipédia, l'armorial des communes de la Province de Hainaut)

Illustration by Tretinville (Own work) [CC BY-SA 3.0 (http://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0)], via Wikimedia Commons

14:55 Écrit par Nadine Lebrun dans Gravures | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : blason, héraldique, armoiries, armes, lion |  Facebook | | Pin it! | | |

lundi, 13 juillet 2015

Le trou Barette a soif!

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Réserve d'eau potable gérée par la société Vivaqua, le trou Barette a subi les effets de la canicule. Ce qui nous vaut cette photo inhabituelle du bassin presqu'à sec.

Sur l'ancienne carte postale, on y voit le trou le plus célèbre d'Ecaussinnes moins verdoyant certes mais dans des jours liquides plus fastes...

ΩΩΩΩΩΩΩΩΩΩΩΩΩΩΩΩ

Quelques mots sur l'histoire du site: 

Le trou Barette enchanteur mais inaccessible (1)

Le trou Barette enchanteur mais inaccessible (2)

Et un billet d'humeur:

Pour le panorama, c'est à l'eau, quoi!
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13:50 Écrit par Nadine Lebrun dans H2O, Insolite, Pierre bleue | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : trou, carrière, trou barette, eau, canicule |  Facebook | | Pin it! | | |

mardi, 26 mai 2015

Goûter matrimonial, le cru 2015

Les lampions de la fête sont rangés jusqu'à l'an prochain. Cupidon en aiguisera d'autant mieux ses flèches. Voyage au pays de l'amour en une poignée de photos...

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21:13 Écrit par Nadine Lebrun dans Amour, Goûter matrimonial, Photos | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : célibataires, fête, mariage, ecaussinnes |  Facebook | | Pin it! | | |

lundi, 25 mai 2015

Parc du Souvenir steampunk

zIMG_3908b (Copier).jpgLes Amis du Folklore avaient misé sur une mode qui bien qu'encore marginale sous nos latitudes, s'inscrit bien dans l'air du temps. L'atmosphère était steampunk ou rétrofuturiste dans le Parc du Souvenir. Une poignée d'artisans proposaient des articles inspirés par l'époque victorienne et remis au goût du jour. Malheureusement, l'événement était plutôt discret. Manque de temps ou de moyens pour organiser un marché sur le thème de plus grande envergure? zIMG_3895a (Copier).jpgSi l'on restait un peu sur sa faim, on se laissait volontiers bercer par l'ambiance musicale douce assurée par une harpiste, sous le feuillage vert tendre. 

zIMG_3907b (Copier).jpgCe marché a néanmoins permis aux non initiés de découvrir l'univers vaporiste. L'inspiration de ce mouvement issu de la culture underground se puise dans le XIXe et des constantes demeurent: les références à Jules Verne, à Sherlock Holmes et à la piraterie. La tenue steampunk est immédiatement identifiable grâce à quelques accessoires: le haut-de-forme ou la casquette Sherlock Holmes, la montre gousset, l'indispensable paire de goggles, le corset à motif arachnéen, les multiples accessoires en métal rutilant, le zIMG_3894a (Copier).jpgcuir ou le simili-cuir, etc. Mais l'accessoire ou l'esthétique ne font pas tout car le steampunk, c'est aussi un style vie basé sur la récupération et le détournement des objets. Le steampunk n'est pas essentiellement tourné vers la consommation de nouveaux vêtements ou accessoires mais il laisse une large part à la création personnelle, à l'imaginaire. Le vaporiste écume les brocantes à la recherche d'objets sans doute cassés, de rouages, de pièces de machines,... Ce qu'il en fera n'aura pour limites que celles de son imagination.
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Marchands de bijoux uniques, de chapeaux ou de reliures fantasmagoriques, photographe utilisant la méthode au collodion animaient ce marché qui a vu la présence de grappes d'amateurs. zIMG_3911a (Copier).jpgLe genre pourrait trouver dans la région un terreau fertile, lorsque l'on songe à son glorieux passé industriel. Les arrière-petits-enfants des métallos, des mineurs et des carriers ont sûrement au fond de leurs greniers, des reliquats de la fin du XIXe siècle. Aujourd'hui, ces objets, ces vêtements usés vont prendre tout leur sens et peut-être servir à l'élaboration d'une autre culture, d'un présent alternatif drôlement séduisant. A repenser pour un prochain goûter ou même à réexploiter pour une manifestation plus proche. Le steampunk, c'est du recyclage intelligent et à Ecaussinnes, le recyclage, on connaît!

13:47 Écrit par Nadine Lebrun dans Arts, Goûter matrimonial, Insolite, Photos | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook | | Pin it! | | |

dimanche, 24 mai 2015

Coup de foudre sur le 3e Goûter matrimonial

Dans son édition d'avril 1927, la revue mensuelle namuroise Le Guetteur Wallon consacre plusieurs pages au Goûter matrimonial d'Ecaussinnes. Emile Close avait assisté à la première festivité, en 1903 et y retournait en 1905. Ce sont des souvenirs de ce goûter qu'il égrène dans cette édition du Guetteur Wallon. Comme je n'ai pu trouver d'illustrations de ce 3e Goûter, les cartes postales ne sont pas datées de cette année et font, pour la plupart, référence au 4e ou 6e Goûter matrimonial.

Ecaussinnes, goûter matrimonial, 1905, célibataires, fête, Guetteur Wallon, journalL'auteur épingle quelques anecdotes savoureuses, dont celle d'un certain Alcide originaire du Pas-du-Calais qui écrit, comme bon nombre d'étrangers, au comité. Il ne manque pas de souligner qu'il hériterait d'ici peu de la coquette somme de 60.000 francs et qu'étant donné que la Belgique semblait en pénurie d'hommes à marier, elle penserait à accueillir des étrangers comme lui. Un jeune comédien français, habitué des salles de province, écrit, quant à lui, qu'il souhaite vivement trouver l'âme soeur. Il joint à sa lettre un portrait de lui endimanché et précise qu'il est d'excellente souche. "J'ai abordé, ajoute-t-il, la carrière dramatique si périlleuse, où je suis cependant resté le garçon honnête qu'ont fait de moi mes parents. J'ai 27 ans, le mariage est mon rêve ; de plus, je suis catholique et de physique agréable." L'acteur ne manque évidemment pas de réclamer une dot de 15.000 francs...! Il rapporte également qu'un Juif s'est enquis auprès du comité pour savoir s'il y avait des filles juives à épouser dans la bourgade. Le secrétaire s'est exclamé qu'il y avait à Ecaussinnes, une rue des Juifs, comme à Amsterdam.ecaussinnes,goûter matrimonial,1905,célibataires,fête,guetteur wallon,journal,mariage,souvenirs

Cinq Ecaussinnoises pour un Ecaussinnois!

A Ecaussinnes, la vie économique se repose essentiellement sur l'exploitation des carrières de petit granit qui occupe la partie méridionale des deux localités: Ecaussinnes-Lalaing et Ecaussinnes d'Enghien. Mais ce n'est curieusement pas ce qui a de plus surprenant dans la commune. Selon l'auteur, il semble qu'il y ait bien plus de petites filles que de garçons. Un échevin avance des preuves: il y a, à Ecaussinnes, cinq naissances féminines pour une naissance masculine! Le phénomène est, paraît-il incompréhensible, et encore aggravé par le refus des jeunes gens d'épouser des filles du cru. Et pourquoi?, s'interroge Emile Close. "On n'a pas envie", répondent en choeur des célibataires. "Il y a trop de célibataires. Nous ne sommes pas tranquilles." D'autres prétendent que les carriers ont le coeur dur ou qu'il impossible de faire un choix étant donné qu'il y a précisément trop de choix!

ecaussinnes,goûter matrimonial,1905,célibataires,fête,guetteur wallon,journal,mariage,souvenirsDes sociétés de jeunes gens se sont formées pour participer au Goûter. En font partie: les "Jeunes gens en quête d'une position sociale" de Braine-le-Comte, les Postulants de Manage, les Célibataires d'Horrues avec leur pancarte. Après le déjeuner, les groupes se forment pour visiter le château fort. L'étonnante scène décrite par Emile Close est teintée d'une douce anarchie: "des centaines de jeunes gens arpentèrent au galop les vastes salles vides aux solives de chêne dont les papiers de tenture, arrachés, pendaient comme des loques, et, n'y voyant rien d'autre pour leur curiosité, se mirent à chanter, à rire, à plaisanter, essayant de se distraire en dégringolant les escaliers, en ouvrant les portes des placards, des réduits et des 'retiros', en y enfermant les traînards dans une rigolade déchaînée. Ils avaient l'air d'une bande de pillards déçus."

Coup de foudre

Le discours de bienvenue de la présidente, Félicie Lescut avait lieu sur la Place de la Bassée mais c'était sans compter sur un orage qui éclata sans crier gare... "En désordre les membres de la chorale dégringolèrent quatre à quatre, leurs chapeaux à la main pour les abriter de la pluie, relevèrent le col de leurs redingotes et galopèrent furieusement vers les estaminets déjà remplis. La présidente battit en retraite chez un cabaretier voisin." La scène est touchante, presque pathétique. "Elle était toute défrisée par l'averse ; des mèches de ses cheveux battaient ses oreilles et son front. Avec sa petite figure de blonde de vingt-cinq ans, aux yeux bleus saillants, elle avait au repos une expression placide et presque triste. Une robe de lainage bleu habillait son corps fluet, d'où sortait une voix grave."

La jeune Félicie était surtout préoccupée par son discours, elle avait hâte de le déflorer et maudissait les nuages noirs qui ruisselaient sur la fête de l'amour. En attendant que le ciel se dégage, Félicie parle avec le journaliste et lui confie qu'elle travaille avec sa mère dans l'estaminet de la rue principale, le bien nommé "A la Présidente du goûter matrimonial". Elle est nerveuse et peine à se concentrer sur la conversation. Elle ne pense qu'à ce discours, le sien qui lui tarde de prononcer.

Le comité des fêtes décide alors de déplacer la fête à un endroit plus au sec. Sous un parapluie, les mains crispées sur son papier, Félicie a les joues roses mais elle est déterminée. Le cheveu débouclé et le regard inquiet, Félicie s'enfonce dans une grande salle à l'étage d'un café situé sur la Place de la Grande Ronce. Elle grimpe sur la scène, sous les applaudissements nourris de la foule qui l'avait suivie. D'une voix forte et calme, Félicie esquisse un sourire et commence à lire son discours.

"Tout ça n'vaut pas l'amour!"

"On célébrera cette année, par des fêtes splendides, le 75e anniversaire de l'indépendance belge. Sans doute, travailler à la prospérité et à la gloire de sa patrie, combattre pour ses droits, son indépendance et sa liberté, tout cela est fort beau, mais permettez-moi de vous dire confidentiellement, en employant les termes d'un couplet actuellement en vogue: Tout ça n' vaut pas l'amour !" Dehors la pluie battait les vitres du café. Le goûter "monstre" avait été préparé sur la place de la Bassée et les nappes blanches, les tasses de faïence gravées de lettres d'or (Santé, Espoir, Amour) étaient trempées. Une estrade surmontée d'un gros coeur rouge et de guirlandes de drapeaux était fouettée par les éléments en furie mais on n'arrête pas le flot de l'Amour à Ecaussinnes. Le goûter fut finalement improvisé dans les estaminets environnants, où la foule riante savourait cafés au lait, mastelles (couques à pâte très dure) et carabibis (bâtons de caramel).

Dans les rue de Lalaing, la drache n'arrête pas les ardeurs des jeunes gens qui, parapluies en main, dansent et chantent sur les pavés glissants du patelin. Pendant ce temps, Félicie aide sa mère à servir les bières. Le mauvais temps l'a visiblement tracassée. Elle songe aux unions qui n'auront pas lieu, cette année, à cause des foudres du ciel. "Un an à attendre, c'est long. D'autant plus qu'une occasion perdue, Dieu sait quand on la retrouvera. Vous ne savez pas, rien que dans cette rue-ci, il y a quarante-trois jeunes filles à marier, quarante-trois, oui, monsieur !"

Le crépuscule tombe sur Ecaussinnes et les flonflons, les chants, les danses bientôt s'estomperont au fond de la nuit en cet an de grâce 1905. La mère de la présidente, une sage femme avait soufflé au journaliste qui s'étonnait de toute cette exubérance: "Il faut bien que jeunesse se passe, savez-vous. Il n'y a pas de mal à rire, si l'on est rentré le soir." En effet.