samedi, 25 juin 2016

Une soirée sans chichis au coin de l'âme de Julos

télévision, julos,julos beaucarne,poésie,poèteNatif d'Ecaussinnes, Julos Beaucarne célébrera ce lundi 27 juin, son quatre-vingtième printemps. L'occasion de retrouver notre troubadour le plus sensible sur la Trois, samedi soir, pour un Seniorama enregistré en 1975. Michel Lemaire et Régine Legrand recevaient l'artiste devant un public. Il y dévoilait sa fascination pour le Québec et son amour passionnel pour la langue française, son engagement humain aussi et son infatigable combat contre l'injustice. En présence de ses musiciens, il interprète notamment "Le petit bout du petit ongle rose", "Rose" et l'hymne écaussinnois de toute une génération  "La p'tite gayolle". On le verra également dans un sketch, "Le petit Jésus". Cette émission est d'autant plus poignante, d'autant plus authentique que Julos venait de perdre sa femme (à la Chandeleur).

Un concert enregistré à Hélécine, le 7 juillet 1981, sera ensuite diffusé. Il chantera des titres comme "Adam et Eve" (oui, les Ecaussinnois!), "Le fossoyeur itinérant", "Lolotte", "Ô Claire Suzanne Adolphine" (Ecaussinnes encore), "Lettre à Kissinger", "Les sinistrés"... Sur son premier opus, "Premières chansons" de 1971, ce titre savoureux et gorgé d'ironie a été composé par Jean Baguet. Chaque couplet se clôture par un suppliant tout aussi que désopilant "C'est ni pou nous, c'est pou les sinistrés." 

La soirée spéciale se termine par un "Noms de Dieux" mis en boîte en 1998. Edmond Blattchen y avait invité Julos qui confessait ne pas croire en Dieu mais affirmait néanmoins avoir une foi inébranlable en l'homme ainsi qu'un optimisme à toute épreuve. Envers et contre tout. Et malgré le drame qui a bouleversé sa vie en 1975. Dans une lettre ouverte écrite après le meurtre de sa femme, Julos trouve encore la force de dire qu'"il faut aimer à tort et à travers." La leçon sans cesse rafraîchissante d'un artiste visionnaire qui résonne de façon désormais plus moderne et plus urgente aujourd'hui... A voir, ce samedi ou préparez vos décodeurs!

21h01 : Seniorama

21h30 : Face au public Julos Beaucarne (Concert enregistré en 1981)

22h41 : Noms de Dieux, Julos Beaucarne (1998)

(Photo Daniel Fouss, http://julosland.skynetblogs.be/)

Lors de cette émission diffusée le 23 avril 1977, Julos Beaucarne interprète "Le petit royaume" (Archives INA France)

01:47 Écrit par Nadine Lebrun dans Arts, Télévision | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : télévision, julos, julos beaucarne, poésie, poète |  Facebook | | Pin it! | | |

vendredi, 10 juin 2016

Le Sunday Star de Wahington D.C. en parle en 1910

The Sunday Star Washington DC January 1 1911 (Copier).jpgDans une rétrospective du 1er janvier 1911 du Sunday Star de Washington D.C., une rubrique évoque les facéties de Cupidon et il y est naturellement fait mention du Goûter matrimonial d'Ecaussinnes de l'année précédente. Cocorico! La présidente se nomme Marie De Ceuleneer. On y parle de la petite ville (sic) d'Ecaussinnes-Lalaing qui organise chaque année son "matrimonial lunch" et il y est souligné qu'avant 1902, les chances pour une fille de se marier étaient de une sur cinq parce que la plupart des jeunes hommes émigraient ou cherchaient épouses à l'étranger. "Nul besoin de préciser que les chances de trouver un mari ont été décuplées." C'est tout. Anecdotique sans doute mais il n'est fait mention dans cet article que de potins américains.

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Universiteitsbibliotheek Gent

21:29 Écrit par Nadine Lebrun dans Goûter matrimonial, Journaux d'époque | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : usa, sunday star, lunch, 1911, journal |  Facebook | | Pin it! | | |

lundi, 23 mai 2016

Des Joyaux de la Couronne à Ecaussinnes aussi

Joyaux de la Couronne 2.jpgJoyaux de la Couronne 1.jpgCe livret de 24 pages peut facilement passer inaperçu, surtout si l'on ne s'intéresse pas à la monarchie. Et pourtant, le fascicule n'a en réalité rien à voir avec la royauté, puisqu'il s'agit d'informations touristiques sur le Hainaut. Un livret qui a été publié par la Fédération du Tourisme de la Province de Hainaut, sans mention de date mais qui doit vraisemblablement dater de la fin des années 50 ou du début des années 60. Garni de photographies en noir et blanc, il est préfacé par Alexandre André, député permanent et président de Hainaut-Tourisme. Ce politicien socialiste originaire du Borinage mais installé à La Louvière, remplaça Ernest Martel en tant que député permanent, en 1938 et instaura, en Hainaut, les "séances de délassement intellectuel". Détail qui a son importance, cette brochure a été imprimée en Belgique.                                                                                            Joyaux de la Couronne 3.jpg

Ecrit par Jean Goffin, conseiller artistique au Commissariat Général au Tourisme, le texte évoque bien entendu les châteaux des Ecaussinnes. "Parlant ainsi d'amour, comment ne pas songer immédiatement à Ecaussinnes et son goûter matrimonial, lequel débute - comme vous savez - au pied du Château d'En Haut, pour se terminer - du fait d'on ne sait quel symbolisme narquois dans le tunnel des amoureux... du Château de la Follie!"

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L'auteur s'attache d'abord au Château d'En Haut qui surplombe la place de la Ronce, lieu des festivités du goûter matrimonial. "(...) le mariage, comme la ronce, n'est pas sans épine.", ironise Jean Goffin. "Ce que les faits eux-mêmes semblent accréditer, puisqu'au XIIe siècle, les Ecaussinnes ne formaient qu'un seul village - j'allais écrire un seul ménage - et que, depuis lors, la séparation perdure entre Ecaussinnes-Lalaing et Ecaussinnes-d'Enghien... par consentement mutuel." 

La Follie, "jadis forteresse lui aussi, grâce à de profondes et redoutables douves aujourd'hui comblées, c'est à présent, du fait de remaniements successifs, un château grâcieux dont le parc s'orne de prestigieux massifs de hêtres rouges centenaires."

A l'époque, le château de la Follie était ouvert aux visiteurs du 1er juillet au 30 septembre et l'entrée coûtait 10 francs. Le château-fort était accessible tous les jours de Pâques à la Toussaint (sauf le vendredi), et le tarif était de 5 francs.

mardi, 17 mai 2016

Le goûter n'était pas à la noce

zPot1 (Copier).jpgAlors, comment dire... Mieux vaut parfois éviter d'épiloguer et tourner les regards vers ce qui est beau ou marrant. Comme ces cabines de toilettes mobiles placées à proximité de la banderole où il est écrit: "A tout saint, sa chandelle. A tout pot, son couvercle." Gai, gai, marrons-nous, non?

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Sur la Place des Comtes, où se déroule l'essentiel des animations (hors foire sur la Grand Place), deux châteaux gonflables gigotaient comme de la gelée aux fruits, juste au pied du château fort, imperturbable, lui.

zChâteau lilas (Copier).jpg

Sous le pont des douces arcades, flottait sans conviction le calicot qui dit "A coeur vaillant, rien d'impossible". Le feuillage d'un vert entêtant, s'enroulait sous les voûtes et autour des arches. Dans la cour d'entrée du château, un lilas violet embaumait. Et le ciel boudeur laissait tout de même filtrer quelques rayons bienfaisants. "Célibataires, ne soyez pas rebelles à l'amour qui vous appelle", prétendait une banderole. Le coeur n'y était pas pour ce cru. Et pourtant, une poignée de bénévoles s'attachent à préserver la tradition et à perpétuer un folklore séculaire. Autre temps, autres moeurs? 

 

zPanorama château fort (Copier).jpg

zFeuillage château (Copier).jpg

mercredi, 27 avril 2016

Le piège aux célibataires dans "Nos Loisirs" de 1911

journal, Nos Loisirs, célibataires, goûterTrouvé sur un site d'enchères, cette page extraite de "Nos Loisirs". Il s'agissait d'un journal illustré familial français, d'une trentaine de pages paraissant toutes les semaines entre 1906 et 1940. L'accent était surtout placé sur l'humour et cette publication avait un ton résolument moderne puisque les textes étaient souvent courts (anecdotes, curiosités scientifiques, nouvelles, etc.). Déjà, la revue comporte énormément d'illustrations et de photos. 

Daté de juillet 1911, le journal consacre une page entière au goûter matrimonial d'Ecaussinnes-Lalaing.  A cette époque, la publication modifie le graphisme de sa couverture et on y voit des illustrations d'Armand Rapeño ou Geo Gaumet ainsi que des portraits féminins qu'on doit à Manuel Feliu de Lemus. Auparavant, la couverture est réalisée par un artiste qui livre chaque semaine une illustration originale. Le style art nouveau est privilégié. Mais dès 1911, on y insère de plus en plus de photos.

Dans l'article, on y évoque le goûter monstre organisé, le même jour à Ronquières. La moitié de l'article y est d'ailleurs consacrée et l'auteur en conclut que c'est une tradition belge. "La Belgique a vu naître réellement une curieuse et joyeuse cérémonie définitivement entrée dans les moeurs. Cette année encore, les demoiselles d'Ecaussinnes-Lalaing avaient invité les célibataires des deux mondes à un goûter matrimonial." Suit un extrait du texte écrit par Marcel Tricot. "Ecaussinnes, c'est aux confins du beau pays de Hainaut et du Brabant, un gros village célèbre par ses carrières dont la pierre bleue se bat sur le marché avec la pierre blanche d'Euville", écrit Louis Piérard.

Faire des économies à Ecaussinnes

La présidente se nomme Marie De Ceuleneer. C'est elle qui préside déjà aux destinées du goûter 1910. Le journal rapporte un extrait du discours de Mlle De Ceuleneer, à l'occasion du 9e goûter matrimonial"Evidemment,ceux qui ont de la galette peuvent se payer le luxe des moyens surannés, soit en faisant insérer une annonce dans un journal quelconque ou en s'adressant à une agence qui leur fera payer fort cher des entrevues avec des personnes fort laides. Mais à côté de ceux-là, il en est d'autres qui, ne pouvant disposer que de leurs maigres économies pour meubler la cage, regardent au prix pour l'oiseau."

Un quidam aurait ainsi fait paraître une annonce dans un journal et fut littéralement submergé de sollicitations enflammées puisque 2.993 demoiselles lui envoyèrent un portrait! Ce qui fit dire à Mlle De Ceuleneer: "Le renvoi de ces photographies lui a coûté 1000 francs. En prenant un aller-retour pour Ecaussinnes, dont coût: 2fr. 15, ce monsieur pouvait dépenser, avec ses menus frais, une pièce de cent sous, et aurait réalisé un bénéfice net de 995 francs." Pas faux.