Cartographie, rues

  • Ernest Duray, le colombophile acharné

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    En feuilletant l'Almanach du Soir de 1935, j'ai épinglé un article sur un Ecaussinnois faisant partie d'une famille de renom. On y évoquait, en effet, un colombophile de talent, Ernest Duray. Son buste (réalisé par le sculpteur et architecte Hector Brognon) est érigé à l'angle des rues Noires Terres et Camille Duray. Et je me suis souvent demandé pourquoi la rue portait le nom de son frère. En n'y prenant pas attention, on pourrait se méprendre et croire qu'il s'agit du buste de Camille Duray. Il n'en est rien. En réalité, le monument rend hommage à l'ensemble de l'influente famille Duray qui fut une famille d'industriels mais aussi d'hommes politiques. Emile, le père est le fondateur des Usines Duray spécialisées dans la métallurgie. Ernest fut l'un des patrons des  Usines Duray mais pas que... Ernest est également l'une des grandes figures du libéralisme écaussinnois. Il fut conseiller communal, représentant à la Chambre et sénateur provincial.

    C'est le fils cadet d'Emile Duray et comme ses frères, il est né à Houdeng-Goegnies. Il suit les cours de l'Ecole moyenne et dans les années 1890, entre de plain-pied dans le monde du travail. Et par la même occasion, dans l'atelier familial de chaudronnerie et de constructions métalliques implanté à Ecaussinnes depuis 1875. Il sera commis à la direction du bureau de dessin et de pointage des ouvriers, tout en poursuivant des cours à l'Ecole industrielle louviéroise. Peu avant l'aube du XXe siècle, Ernest devient directeur de la brasserie que son paternel vient de créer, la "Brasserie Duray Fils".

    Les Usines Emile Duray actives jusqu'en 1981

    Au décès du père en 1908, Camille, Arthur et Ernest fondent les "Ateliers Duray". L'entreprise est spécialisée en métallurgie et dirigée par Camille. La première guerre mondiale va quelque peu bouleverser l'état des affaires. Après l'Armistice, les affaires ont peine à reprendre et comme si cela ne suffisait pas, la brasserie bat de l'aile, la concurrence étant impitoyable. En 1937, elle doit mettre la clé sous le paillasson. Les colonies vont cependant faire refleurir le marché de la métallurgie et les Usines Emile Duray connaîtront le pic de leurs activités. L'Indépendance du Congo signera cependant l'arrêt de mort des usines écaussinnoises qui disparaîtront en 1981. 

    Un colombophile averti

    colombophilie,duray,atelier,brasserie,patron,libéralisme,pigeonMalgré son emploi du temps fort chargé, Ernest Duray a eu une passion qu'il chérit par-dessus tout : la colombophilie. En fait, il a commencé à se passionner pour les pigeons dès l'âge de 12 ans. En 1943, après avoir brillé dans de nombreux concours et s'y être distingué en tant que champion et avoir créé sa propre souche de pigeons, il écrit même un livre, "Souvenirs de cinquante années de pratique de sport colombophile".

    Dans l'Almanach illustré du Soir, on publie une photo de lui, debout près du tableau de son palmarès. On pouvait y lire qu'il avait été Prix du Roi, Prix Davignon, Prix Hanssens, Prix Anderson et il avait eu la Coupe du Soir. C'est le plus grand champion colombophile depuis la guerre 14-18 et il avait été trois fois premier prix national de Pau ainsi que deux fois premier prix national de Dax. Et pourtant le 3 décembre 1933, selon cette source, Ernest Duray vend ses 65 pigeons, au Palais du Sud à Bruxelles, contre la coquette somme de 124.142 francs belges. C'est une très belle somme à l'époque puisqu'avec cet équivalent, on pouvait acquérir une dizaine de maisons! Entre 1925 et 1933, Ernest Duray engage 105 volatiles dans des concours de fond et empochera 82 prix. Pardonnez du peu.

    Dans l'article dans lequel il est mentionné, Willy Herrygers souligne qu'"il ne faut pas perdre de vue que, pour arriver au succès et s'y maintenir, en colombophilie, il ne suffit pas de posséder d'excellents sujets et de les cultiver de la bonne manière : il faut aussi les tenir en excellente santé et leur faire aimer leur home !" Voilà sans doute pourquoi ses deux principaux cracks raflant le Grand Prix du Soir en 1933, méritent, par cette illustration, les honneurs de la postérité.

  • Une rue porte son nom : le Docteur René Bureau

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    Les Ecaussinnois la connaissent pour son école, sa maison de retraite et son cimetière. La rue Docteur René Bureau est une artère qui réunit, en définitive, tous les âges de la vie... et au-delà. Au hasard des rayons d'une bouquinerie, j'ai repéré l'Almanach 1935 du journal "Le Soir" qui consacrait un petit article au Docteur René Bureau, dans sa rubrique "nécrologie"

    docteur rené bureau,socialiste,hainaut,politique,le soir,almanach,rue docteur bureau,1935Né en 1871 à Saint-Léger, René Bureau décroche un diplôme de docteur en médecine à l'Université de Bruxelles. C'est à ce momement qu'il décide de s'installer à Ecaussinnes où il sera conseiller communal socialiste. Jusqu'en 1929, il sera également conseiller provincial du Hainaut ainsi que député permanent. Il devient ensuite directeur de l'Institut d'Hygiène et de Bactériologie de Mons. On le retrouve alors à la direction générale des oeuvres sociales de la province. Il est aussi directeur médical de l'Institut médical de l'Institut chirurgical des mutualités sociales de La Hestre. Il est décédé à Ecaussinnes, le 24 février 1934.

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  • Ecaussinnes : faits et chiffres 1874

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    Carte Province de Hainaut (Copier).jpgExhumé au creux d'une montagne de livres sur la Place du Jeu de Balle à Bruxelles, ce dictionnaire encyclopédique de géographie historique du royaume de Belgique, daté de 1874 passe en revue chaque commune de Belgique. Et voici ce qu'on y trouve entre autres sur les Ecaussinnes.

    ECAUSSINNES D'ENGHIEN : Pop. 4,665 habitants. On y dit les promenades charmantes et les maisons de campagnes aux environs, riches. Le sol est déprimé, d'un aspect montueux sillonné de coteaux et de ravins. Le terrain est généralement froid et humide, dont certaines parties incultes consistent en rochers ou amas de rocailles. Il y a quelques belles plaines principalement aux alentours de la commune, et de nombreuses carrières de pierres bleues et grises à bâtir, de pierres à chaux et de pavés. Au rayon des industries et commerces, on relève une fabrique de chicorée, une usine de carton et de papier ainsi que des exploitations de carrières et une scierie importante. Foires et marchés étaient prévus le lundi après le 13 mai (cette foire n'a pas lieu, lorsque ce jour est celui de la foire de Soignies), et le lundi avant le 25 août ou le lendemain, si ce jour est férié. Reste à mentionner un vaste château de construction antique, flanqué de quatre tourelles et embelli de jardins d'agrément, situé auprès de la rivière et sur la lisière d'un bois. Très flou, tout ça (de construction antique : on ne peut être plus explicite), le nom du château de la Follie n'y est même pas précisé!

    ECAUSSINNES-LALAING : Pop. 1,030 habitants. En amphithéâtre sur un côteau dont le pied est baigné par la Sennette. Son sol est assez inégal et ses terres arables sont en partie argileuses. Nombreuses carrières de pierres bleues et grises à bâtir, et pavés, grès bleu pour aiguiser. On y trouve des fabriques d'instruments aratoires (pour le travail de la terre), des tanneries, des corroieries (finition du cuir) et des exploitations de carrières. Un beau château bâti en pierre de taille se dresse sur un rocher escarpé et est surmonté de cinq belles tourettes rondes. Cette belle propriété a appartenu successivement au seigneur de Renesse, comte de Warfusée, aux comtes de Lalaing et auxducs de Croy.

    MARCHE-LEZ-ECAUSSINNES : Pop. 2,053 habitants. A l'époque, Marche vit essentiellement d'agriculture. Ses dépendances : Belloy, Courrière-lez-Ville, Delval, Douair, Ghelrie, Lousserie, Moussenière, Patard, Pont-à-Loup, Porte à-Camp.

    A noter que les carrières sur le territoire belge étaient, en 1867, au nombre de 1769, avec 1529 sièges d'exploitation à ciel ouvert et 117 souterrains. L'activité occupait alors 21,640 ouvriers.

  • Une carte du Chevalier de Beaurain avec mention d'Ecaussinnes au XVIIe siècle

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    Corrigée et augmentée par le Chevalier de Beaurain (géographe ordinaire du Roy), la carte des camps de Soignies et Estinnes dressée les 7 et 14 juillet 1691. On y épingle Ecaussinnes (Escaussinnes) ainsi que Marche-lez-Ecaussinnes (Marcq). Quelques lieux-dits sont repérables : la Folie (un seul "l"), Belles Testes (Cabaret), etc.

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  • Les carrières de Scoufflény vues du ciel: un ilôt bleuté

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    Chacun a passé quelques moments sur Google Street View pour voir sa maison, sa rue. Les images par satellite sont tout aussi impressionnantes, si pas davantage. Les carrières de Scoufflény, tout comme le Trou Barette, ont quelque chose de presque exotique. Comme une bulle de verdure et d'eau bleutée égarée loin de l'agitation du village. Comme un ilôt de tranquillité bordé d'arbres, de végétation et de champs blonds.

  • Tant que le loup n'y est pas...

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    À la limite d'Ecaussinnes d'Enghien et de Braine-le-Comte, le Chemin aux Loups mène au Bois de la Houssière. En 1453, ce chemin était la propriété du domaine comtal. Et giboyeux, ce lieu l'était certes. Les loups y pullulaient d'ailleurs.
    Pour se débarrasser de ces carnassiers mal aimés, le comte de Hainaut Aubert IV de Bavière promulgua un acte en 1395, qui délimitait les droits et devoirs des louvetiers. Le Grand Louvetier était l'officier de la maison du roi, qui commandait l'équipage pour la chasse au loup.
    Les louvetiers avaient le privilège du "tour du loup". Cela signifiait que tout chasseur ayant abattu des loups dans un rayon donné, avait le droit d'exiger des propriétaires de troupeaux de moutons ainsi que des fermiers, certains avantages.
    Des édits ultérieurs viseront cependant à endiguer les nombreux abus des louvetiers.
    Depuis le XIXe siècle, le Chemin aux Loups n'a bien entendu plus de loups que son nom.

  • Le centre du village jadis autour du "Moulin Brûlé"

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    moulin brûlé,centre,moulin banal,brasserie,saint-rémy,eau,senette,incendie,feu,follie,henripontLe centre d'Ecaussinnes ne se situait pas jadis, autour de la Grand Place. Tout laisse à supposer qu'il se trouvait plutôt, non loin de l'Eglise Saint Rémy, en bas de la rue à pente raide (la rue du Pont), sur la petite place qui était entourée par l'Hôtel de la couronne, la Halle, la brasserie banale et le moulin banal, dit "moulin brûlé".

    Ce quartier doit avoir connu une activité intense. Sous le régime féodal, on sait que toute la vie du domaine dépendait de la présence d'un moulin, d'un four et d'une brasserie. Au XIIe siècle, les seigneurs obligeaient leurs serfs à utiliser le moulin. Celui-ci constituera également une source de conflits à Ecaussinnes, d'autant qu'il était établi à la limite de deux seigneureries, pour puiser son eau dans la Sennette.

    Un document datant du XIVe siècle indique que le moulin banal existait déjà à cette époque. On y lit que le moulin en question "fut bruslé aux environs de la défaiste des Templiers". Il sera à nouveau la proie des flammes en 1579, lors d'émeutes. C'est le comte de Jehan Pietkin, receveur du seigneur de Renesse (seigneur de la Follie) qui nous l'apprend.

    Selon un texte conservé au château de la Follie et datant du 1er mars 1369, le moulin aurait d'abord appartenu au seigneur d'Henripont. Ce qui est fort probable puisqu'à l'époque, un moulin pouvait desservir plusieurs seigneuries. Pourtant dès 1369, le moulin passait entre les mains du seigneur de la Follie. Le moulin brûlé restera la propriété de la Follie jusqu'à la fin de l'Ancien Régime.

    En ruine en 1652 à la suite de troubles, il sera entièrement reconstruit en 1614.