Beaux livres

  • Petite douceur du printemps: "Julos écrit pour vous"

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    Julos Beaucarne, livre, poésie, poèmes, Je m'étais assise au creux des hautes herbes jaunies, dans le fond du jardin. Un rayon de soleil caressant semblait avoir mis le halte-là à l'hiver. Mais ça, c'était avant. Parce qu'il y a désormais un avant et un après. L'histoire s'écrit souvent en lettres de sang mais l'insouciance et la douceur m'avaient envahie, cet après-midi là, lorsque j'ai ouvert le livre de Julos Beaucarne. Sans doute parce qu'il a été écrit en pleine période flower power... Et qu'aujourd'hui encore, à la lecture de cette brassée de pages, des nuages de coccinelles, des arômes de blé, de humus et de tartes fumantes s'évaporent. 

    Je me sentais bien. Les oiseaux papotaient, le ciel était limpide et la terre sentait franchement bon. J'avais trouvé, dans une bouquinerie bruxelloise, "Julos écrit pour vous" et le temps était idéal pour le lire, adossée sur la souche rongée par des champignons fossilisés. En plus, il s'agissait de la première édition, celle de 1975, dans un état plus qu'honorable, conclue à un prix très décent.


    julos beaucarne,poète,henry lejeune,poèmes,poésie,chanson françaiseJ'ai savouré le temps qui passait, le friselis des pages que je tournais, le parfum champêtre, chaleureux, vaporeux mais surtout rond et généreux de la poésie de Julos. Préfacé par un dessin du peintre Henry Lejeune qui avait dessiné un Max Elskamp filandreux, le livre se respire comme un bouquet de fleurs des champs. Chaque mot est un pétale qui s'enfile sur un collier odorant. Julos ignore où il va et nous le suivons, l'air béat et la bouche gourmande de mots. Bourrée d'humour et de petits bonheurs, la poésie de Julos Beaucarne laisse la part belle à un bon sens implacable et souvent à un non-sens tout aussi implacable. Et même s'il habite déjà à Tourinnes la Grosse, il lance quelques oeillades à Ecaussinnes.

    "on espère que la Joconde sera

    exposée dans la maison communale

    d'Ecaussinnes d'Enghien"

    ou

    "en lisant l'almanach du petit

    Ecaussinnois je mangeais du

    pain d'épices sans pudeur

    dans un parc très très très

    triste"  

    A lire ou à relire avec gourmandise.

    La musique de Julos Beaucarne sur un poème de Max Elskamp: O Claire, Suzanne, Adolphine

  • La Belgique illustrée : "où perce la roche souterraine semant partout ses pierrailles"

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    La Belgique illustrée - 1855 - page 96 (Copier).jpgLa Belgique illustrée - 1855 - page 97 (Copier).jpgPublié sous la direction d'Eugène Van Bemmel, le deuxième tome de "La Belgique illustrée" (Ses monuments, ses paysages, ses oeuvres d'art, 1878-1882) comporte 500 superbes gravures dont deux relatives aux châteaux des Ecaussinnes.

    Répertorié sous le chapitre qui comprend les communes d'Ath, d'Enghien, de Soignies et de Beloeil, le village d'Ecaussinnes se voit encore, dans cette publication prestigieuse, sous son angle classique. On n'y apprend rien de bien neuf mais le caractère désuet de la présentation vaut la peine qu'on passe à nouveau en revue ces choses qu'on a lues mille fois.

    La renommée des carrières de Soignies n'est plus à faire ; ses veines se prolongent jusque dans les entrailles écausinnoises. Son nom? Le petit granit. On l'emploie abondamment dans les constructions. A un jet de pierre de Soignies, le terrain calcaire qui compose les horizons sonégiens, affleure à Ecaussinnes. Théodore Jouret y écrit avec verve : "le pays "des Ecaussinnes" lui doit sa physionomie caractéristique, un aspect assez rude, un sol montueux, coupé de ravines profondes, où perce la roche souterraine semant partout ses pierrailles."

    Formé d'un seul village au XIIe siècle, Ecaussinnes s'est scindée en Ecaussinnes-Sainte-Aldegonde et Ecaussinnes-Saing-Remy. Avec pour conséquence pour les villageois d'abandonner la dévotion aux patrons de leurs chapelles. Leurs appellations allaient dorénavant se muer en ceux de leurs maîtres, les sires de Lalaing et ceux d'Enghien.

    "Le château de Lalaing", écrit Théodore Jouret, "a appartenu successivement aux de Renesse, aux Warfusée, la maison de Croy, aux van der Burgh et enfin aux d'Arenberg, les propriétaires actuels. Il est resté le Château fort du Xe siècle : situé sur un rocher escarpé, ses tourelles, ses murailles crénelées lui donnent une tournure guerroyante."

    Si les fossés sont toujours présents au château fort, ils ont été comblés au château d'Ecaussinnes d'Enghien : "ils sont remplacés par des pièces d'eau, qui ajoutent une beauté de plus à d'immenses jardins aménagés avec infiniment de goût par M. le comte de Spangen. La vieille porte a aussi rejeté ses constructions défensives, et la large baie voûtée laisse plonger le regard dans une cour intérieure qui a conservé son caractère "moyen âge"."

  • Ecaussinnes : faits et chiffres 1874

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    Carte Province de Hainaut (Copier).jpgExhumé au creux d'une montagne de livres sur la Place du Jeu de Balle à Bruxelles, ce dictionnaire encyclopédique de géographie historique du royaume de Belgique, daté de 1874 passe en revue chaque commune de Belgique. Et voici ce qu'on y trouve entre autres sur les Ecaussinnes.

    ECAUSSINNES D'ENGHIEN : Pop. 4,665 habitants. On y dit les promenades charmantes et les maisons de campagnes aux environs, riches. Le sol est déprimé, d'un aspect montueux sillonné de coteaux et de ravins. Le terrain est généralement froid et humide, dont certaines parties incultes consistent en rochers ou amas de rocailles. Il y a quelques belles plaines principalement aux alentours de la commune, et de nombreuses carrières de pierres bleues et grises à bâtir, de pierres à chaux et de pavés. Au rayon des industries et commerces, on relève une fabrique de chicorée, une usine de carton et de papier ainsi que des exploitations de carrières et une scierie importante. Foires et marchés étaient prévus le lundi après le 13 mai (cette foire n'a pas lieu, lorsque ce jour est celui de la foire de Soignies), et le lundi avant le 25 août ou le lendemain, si ce jour est férié. Reste à mentionner un vaste château de construction antique, flanqué de quatre tourelles et embelli de jardins d'agrément, situé auprès de la rivière et sur la lisière d'un bois. Très flou, tout ça (de construction antique : on ne peut être plus explicite), le nom du château de la Follie n'y est même pas précisé!

    ECAUSSINNES-LALAING : Pop. 1,030 habitants. En amphithéâtre sur un côteau dont le pied est baigné par la Sennette. Son sol est assez inégal et ses terres arables sont en partie argileuses. Nombreuses carrières de pierres bleues et grises à bâtir, et pavés, grès bleu pour aiguiser. On y trouve des fabriques d'instruments aratoires (pour le travail de la terre), des tanneries, des corroieries (finition du cuir) et des exploitations de carrières. Un beau château bâti en pierre de taille se dresse sur un rocher escarpé et est surmonté de cinq belles tourettes rondes. Cette belle propriété a appartenu successivement au seigneur de Renesse, comte de Warfusée, aux comtes de Lalaing et auxducs de Croy.

    MARCHE-LEZ-ECAUSSINNES : Pop. 2,053 habitants. A l'époque, Marche vit essentiellement d'agriculture. Ses dépendances : Belloy, Courrière-lez-Ville, Delval, Douair, Ghelrie, Lousserie, Moussenière, Patard, Pont-à-Loup, Porte à-Camp.

    A noter que les carrières sur le territoire belge étaient, en 1867, au nombre de 1769, avec 1529 sièges d'exploitation à ciel ouvert et 117 souterrains. L'activité occupait alors 21,640 ouvriers.

  • Les chromos, les douces années de la publicité

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    S'ils ont moins la cote aujourd'hui (encore qu'il reste d'indécrottables collectionneurs nostalgiques qui y mettent le prix), les livres d'images en couleurs faisaient les beaux jours des enfants de naguère. Ceux-ci avaient, en effet, grand plaisir à amasser les chromos, petites illustrations en couleurs, afin de les coller soigneusement dans de beaux ouvrages. Les marques y virent très rapidement un intérêt publicitaire pour leurs produits. Ainsi, Côte d'Or, Liebig, Nestlé, Le Bon Marché, le Chocolat Poulain, etc. furent parmi les nombreux pourvoyeurs en chromos dès les années 1850. Pour vendre leurs produits et s'introduire sympathiquement dans les foyers, les marques distribuent gratuitement de petites images aux plus jeunes. Avec les chromos, débute l'ère de la publicité par l'image.

    Mon frère, impénitent collectionneur de cartes relatives à Ecaussinnes, a exhumé cette coquette illustration extraite de la collection Liebig. chromos, goûter matrimonial, images, collections, LiebigOn y observe une vue très bucolique (et lointaine quant à la réalité) du village en goguette, lors de son Goûter matrimonial. Des rubans sont pendus aux arbres, le château approximatif s'embrume au coeur d'une végétation exubérante, des tasses bleues voyagent de table en table. Les jouvencelles et les messieurs sont habillés et coiffés comme au XIXe siècle. L'ensemble baigne dans une atmosphère très anachronique et peu réaliste mais indubitablement pittoresque. Qui plus est, j'ai l'impression d'apercevoir une chaîne de montagnes (tout au moins de massifs rochers) dans le fond. Faut-il y voir une allusion idyllique aux carrières? Cela ressemble davantage à un paysage ardennais mais après tout, la région de Ronquières, verte et vallonnée, a souvent été nommée "Petites Ardennes".

    Les premières chromos de Liebig ont été distribuées dès 1872 et le seront pendant plus d'un siècle. Selon le site Cartolino qui se consacre à la chromolithographie, quelque 2000 séries auraient été imprimées. Si la publicité était la première raison d'être de ces chromos, les images allaient ensuite aborder un terrain plus pédagogique. La collection Liebig va inonder le marché international et sera même distribuée en Italie, jusqu'en 1975.
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  • Quand Côte d'Or était encore le bon chocolat belge...

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    Quelques traditions et coutumes du folklore belge couverture.jpgQuand les chocolats Côte d'Or embaumaient encore le quartier du Midi, les gamins collectionnaient les belles images en couleurs pour les coller dans les albums réservés à cet effet. "Quelques traditions et coutumes du folklore belge" a été édité en 1946, par Côte d'Or, le bon chocolat belge... Il est signé Henri Liebrecht de l'Académie Royale de Langues et de Littérature française.

    L'histoire début sur la confection d'une guirlande en roses de papier par une grand-mère. Elle explique à ses petits-enfants que c'est une tradition qu'elle tient beaucoup à respecter chaque année : suspendre sa guirlande le dimanche à la chapelle Notre-Dame. "Il ne faut pas laisser périr les vieux usages", martèle-t-elle. Les traditions populaires forment un trésor, explique-t-elle sans relâche, qu'on appelle le folklore. Un bon prétexte pour emmener les enfants à la découverte du folklore belge. Des coutumes ancestrales qui palpitent au rythme des processions dans de nombreux patelins et villes de Belgique. Et pui,s il y a bien entendu le carnaval de Binche, le Doudou à Mons...et... le Goûter matrimonial d'Ecaussinnes.

    "- Que veut dire "matrimonial", grand-mère?

    Quelques traditions et coutumes du folklore belge goûter.jpg- Tu vas tout de suite comprendre, ma petite fille, lorsque je t'aurai dit qu'aux Ecaussinnes, jolie petite ville située en Hainaut et qui possède un magnifique château fort, les jeunes filles ne trouvaient pas à se marier. Au lieu de se dérober et de "coiffer sainte Catherine", elles décidèrent un beua jour, - cela se passait, il m'en souvient, en 1903- d'organiser une belle fête et d'offrir à tous les célibataires désireux de venir chercher femme aux Ecaussinnes, un goûter monstre. L'idée eut tellement de succès que depuis lors elle est devenue une tradition annuelle: voilà comme naît le folklore! Aujourd'hui, le lundi de la Pentecôte, il y a fête aux Ecaussinnes: dès le matin on voit circuler des groupes de jeunes gens qui visitent la localité en attendant les cérémonies de l'après-midi. Vers trois heures ils se forment en cortège et sont reçus par le comité des jeunes filles, dont la présidente leur souhaite la bienvenue en un gentil discours. Puis, sur la Grand' Place, un goûter monstre est servi, dans de la vaisselle qui porte une inscription rappelant cette amusante cérémonie. Il se termine par toutes sortes de réjouissances, des batailles de fleurs, un cramignon, des farandoles. D'ailleurs vous pensez bien qu'en Wallonie, une ducasse n'a pas tardé à s'instaurer un jour aussi propice à la joie.

    - Et après cela, grand' mère, est-ce qu'il y a beaucoup de mariages aux Ecaussinnes?

    - Il faut le souhaiter pour les gentilles jeunes filles qui désirent fonder un foyer. Lorsque le bonheur passe, dans la vie, on doit lui sourire afin de le garder."

    Euh... N'y aurait-il pas une petite erreur lorsqu'on mentionne le Goûter prenant place sur la Grand' Place? Je n'ai personnellement jamais connu de batailles de fleurs, ni de farandoles, ni de cramignon... mais c'est possible. On avait jadis le sens de la fête et l'humeur bon enfant était de bon ton.

    Ah oui! Le cramignon est une danse qui se pratique dans les localités au nord de Liège et dans la vallée du Geer. Le "cramignon" vient de l'ancien français "cramillon" qui signifie "crémaillère". Le cortège des danseurs composent un serpentin ondoyant mené par le capitaine qui tient un bouquet de fleurs.

  • Terre des Vanaise, des Soupart et des Bougard

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    Extrait de l'ouvrage de la Chambre de Commerce et d'Industrie du Centre, "Le Centre archéologique - folklorique - industriel - commercial - artistique" de 1930.

     lecentre10

  • Et un petit chouia sur Naast

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    Extrait de l'ouvrage de la Chambre de Commerce et d'Industrie du Centre, "Le Centre archéologique - folklorique - industriel - commercial - artistique" de 1930.

    lecentre7