Arts

  • Une soirée sans chichis au coin de l'âme de Julos

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    télévision, julos,julos beaucarne,poésie,poèteNatif d'Ecaussinnes, Julos Beaucarne célébrera ce lundi 27 juin, son quatre-vingtième printemps. L'occasion de retrouver notre troubadour le plus sensible sur la Trois, samedi soir, pour un Seniorama enregistré en 1975. Michel Lemaire et Régine Legrand recevaient l'artiste devant un public. Il y dévoilait sa fascination pour le Québec et son amour passionnel pour la langue française, son engagement humain aussi et son infatigable combat contre l'injustice. En présence de ses musiciens, il interprète notamment "Le petit bout du petit ongle rose", "Rose" et l'hymne écaussinnois de toute une génération  "La p'tite gayolle". On le verra également dans un sketch, "Le petit Jésus". Cette émission est d'autant plus poignante, d'autant plus authentique que Julos venait de perdre sa femme (à la Chandeleur).

    Un concert enregistré à Hélécine, le 7 juillet 1981, sera ensuite diffusé. Il chantera des titres comme "Adam et Eve" (oui, les Ecaussinnois!), "Le fossoyeur itinérant", "Lolotte", "Ô Claire Suzanne Adolphine" (Ecaussinnes encore), "Lettre à Kissinger", "Les sinistrés"... Sur son premier opus, "Premières chansons" de 1971, ce titre savoureux et gorgé d'ironie a été composé par Jean Baguet. Chaque couplet se clôture par un suppliant tout aussi que désopilant "C'est ni pou nous, c'est pou les sinistrés." 

    La soirée spéciale se termine par un "Noms de Dieux" mis en boîte en 1998. Edmond Blattchen y avait invité Julos qui confessait ne pas croire en Dieu mais affirmait néanmoins avoir une foi inébranlable en l'homme ainsi qu'un optimisme à toute épreuve. Envers et contre tout. Et malgré le drame qui a bouleversé sa vie en 1975. Dans une lettre ouverte écrite après le meurtre de sa femme, Julos trouve encore la force de dire qu'"il faut aimer à tort et à travers." La leçon sans cesse rafraîchissante d'un artiste visionnaire qui résonne de façon désormais plus moderne et plus urgente aujourd'hui... A voir, ce samedi ou préparez vos décodeurs!

    21h01 : Seniorama

    21h30 : Face au public Julos Beaucarne (Concert enregistré en 1981)

    22h41 : Noms de Dieux, Julos Beaucarne (1998)

    (Photo Daniel Fouss, http://julosland.skynetblogs.be/)

    Lors de cette émission diffusée le 23 avril 1977, Julos Beaucarne interprète "Le petit royaume" (Archives INA France)

  • Petite douceur du printemps: "Julos écrit pour vous"

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    Julos Beaucarne, livre, poésie, poèmes, Je m'étais assise au creux des hautes herbes jaunies, dans le fond du jardin. Un rayon de soleil caressant semblait avoir mis le halte-là à l'hiver. Mais ça, c'était avant. Parce qu'il y a désormais un avant et un après. L'histoire s'écrit souvent en lettres de sang mais l'insouciance et la douceur m'avaient envahie, cet après-midi là, lorsque j'ai ouvert le livre de Julos Beaucarne. Sans doute parce qu'il a été écrit en pleine période flower power... Et qu'aujourd'hui encore, à la lecture de cette brassée de pages, des nuages de coccinelles, des arômes de blé, de humus et de tartes fumantes s'évaporent. 

    Je me sentais bien. Les oiseaux papotaient, le ciel était limpide et la terre sentait franchement bon. J'avais trouvé, dans une bouquinerie bruxelloise, "Julos écrit pour vous" et le temps était idéal pour le lire, adossée sur la souche rongée par des champignons fossilisés. En plus, il s'agissait de la première édition, celle de 1975, dans un état plus qu'honorable, conclue à un prix très décent.


    julos beaucarne,poète,henry lejeune,poèmes,poésie,chanson françaiseJ'ai savouré le temps qui passait, le friselis des pages que je tournais, le parfum champêtre, chaleureux, vaporeux mais surtout rond et généreux de la poésie de Julos. Préfacé par un dessin du peintre Henry Lejeune qui avait dessiné un Max Elskamp filandreux, le livre se respire comme un bouquet de fleurs des champs. Chaque mot est un pétale qui s'enfile sur un collier odorant. Julos ignore où il va et nous le suivons, l'air béat et la bouche gourmande de mots. Bourrée d'humour et de petits bonheurs, la poésie de Julos Beaucarne laisse la part belle à un bon sens implacable et souvent à un non-sens tout aussi implacable. Et même s'il habite déjà à Tourinnes la Grosse, il lance quelques oeillades à Ecaussinnes.

    "on espère que la Joconde sera

    exposée dans la maison communale

    d'Ecaussinnes d'Enghien"

    ou

    "en lisant l'almanach du petit

    Ecaussinnois je mangeais du

    pain d'épices sans pudeur

    dans un parc très très très

    triste"  

    A lire ou à relire avec gourmandise.

    La musique de Julos Beaucarne sur un poème de Max Elskamp: O Claire, Suzanne, Adolphine

  • Parc du Souvenir steampunk

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    zIMG_3908b (Copier).jpgLes Amis du Folklore avaient misé sur une mode qui bien qu'encore marginale sous nos latitudes, s'inscrit bien dans l'air du temps. L'atmosphère était steampunk ou rétrofuturiste dans le Parc du Souvenir. Une poignée d'artisans proposaient des articles inspirés par l'époque victorienne et remis au goût du jour. Malheureusement, l'événement était plutôt discret. Manque de temps ou de moyens pour organiser un marché sur le thème de plus grande envergure? zIMG_3895a (Copier).jpgSi l'on restait un peu sur sa faim, on se laissait volontiers bercer par l'ambiance musicale douce assurée par une harpiste, sous le feuillage vert tendre. 

    zIMG_3907b (Copier).jpgCe marché a néanmoins permis aux non initiés de découvrir l'univers vaporiste. L'inspiration de ce mouvement issu de la culture underground se puise dans le XIXe et des constantes demeurent: les références à Jules Verne, à Sherlock Holmes et à la piraterie. La tenue steampunk est immédiatement identifiable grâce à quelques accessoires: le haut-de-forme ou la casquette Sherlock Holmes, la montre gousset, l'indispensable paire de goggles, le corset à motif arachnéen, les multiples accessoires en métal rutilant, le zIMG_3894a (Copier).jpgcuir ou le simili-cuir, etc. Mais l'accessoire ou l'esthétique ne font pas tout car le steampunk, c'est aussi un style vie basé sur la récupération et le détournement des objets. Le steampunk n'est pas essentiellement tourné vers la consommation de nouveaux vêtements ou accessoires mais il laisse une large part à la création personnelle, à l'imaginaire. Le vaporiste écume les brocantes à la recherche d'objets sans doute cassés, de rouages, de pièces de machines,... Ce qu'il en fera n'aura pour limites que celles de son imagination.
    zIMG_3901a (Copier).jpg

    Marchands de bijoux uniques, de chapeaux ou de reliures fantasmagoriques, photographe utilisant la méthode au collodion animaient ce marché qui a vu la présence de grappes d'amateurs. zIMG_3911a (Copier).jpgLe genre pourrait trouver dans la région un terreau fertile, lorsque l'on songe à son glorieux passé industriel. Les arrière-petits-enfants des métallos, des mineurs et des carriers ont sûrement au fond de leurs greniers, des reliquats de la fin du XIXe siècle. Aujourd'hui, ces objets, ces vêtements usés vont prendre tout leur sens et peut-être servir à l'élaboration d'une autre culture, d'un présent alternatif drôlement séduisant. A repenser pour un prochain goûter ou même à réexploiter pour une manifestation plus proche. Le steampunk, c'est du recyclage intelligent et à Ecaussinnes, le recyclage, on connaît!

  • En marge du Goûter matrimonial : un marché artisanal Steampunk

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    Jules Verne De la terre à la Lune (Copier).jpgCette année, les Amis du Folklore ont eu l'excellente idée de proposer, dimanche, un marché artisanal axé sur le thème très branché du steampunk, mouvement qui, msteampunk,jules verne,sherlock holmesême s'il n'a jamais existé, s'inspire de la révolution industrielle du début du XXe siècle. Le terme "steampunk" fait en réalité référence à un genre littéraire qui éclot à la fin du XXe siècle. L'inspiration est clairement enracinée dans la littérature fantastique de la fin du XIXe siècle (Jules Verne, Sir Conan Doyle et son Sherlock Holmes, H.G. Wells et sa "Machine à explorer le temps"...) et renvoie à l'iconographie, à l'esthétisme de la machine à vapeur et de l'époque victorienne.

    Le steampunk s'est aujourd'hui élargi à toute une culture qui comprend non Le futur au début du XXe (Je sais tout).jpgseulement une certaine littérature mais aussi d'autres formes d'expression comme le cinéma, la bande dessinée, la musique, les jeux vidéo ou les arts plastiques. Pour beaucoup, le mouvement est même davantage qu'une simple culture, c'est aussi un état d'esprit, une nouvelle manière d'être qui puise son souffle dans un passé élégant et futuriste. Le steampunk est d'ailleurs aussi désigné sous le terme de "rétrofuturisme". Le genre mélange avec goût éléments du passé, du présent et du futur, pour offrir un cocktail anachronique et esthétisant souvent gorgé d'humour. Si le steampunk se réfère à une époque qui n'a jamais existé, elle emprunte les objets, les costumes, les accessoires, les machines et ses rouages de la Belle Epoque et pourrait être décrite ainsi: "ce que le passé serait si le futur était arrivé plus tôt" (Urban Dictionary). Causeries sur la science Gaston Tissandier 1888 - 2 (Copier).jpg

    Dans le sillage du "Steampunk World's Fair" dans le New Jersey aux Etats-Unis (c'était il y a quelques jours), les Amis du Folklore vous proposent donc cet événement, dimanche. L'occasion de découvrir les objets créés par des artisans vaporistes. On annonce des chapeliers, des créateurs de bijoux et d'accessoires et même un photographe au collodion. Procédé photographique développé en 1850, il remplaça l'albumine par le collodion qui permettait de fixer l'émulsion sur la plaque de verre. La technique permettait d'obtenir des photographies d'une finesse incomparable et élargissait également la gamme des gris.

    A découvrir d'urgence pour être dans l'air d'un temps... improbable et que les plus de 20 ans ne peuvent connaître!

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  • Chromos saga : le char de la tasse souvenir

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    Et voici un nouveau chromo issu de la collection de mon frère. On y voit un char descendre la rue de la Grande Ronce (Emile Vandervelde à l'époque, puisque cette image est antérieure à la fusion des communes). La tasse souvenir du Goûter matrimonial y occupe l'essentiel de l'espace, à côté d'un jeune homme qui enserre la taille incroyablement fine de sa compagne. La maison blanche est l'actuel numéro 5 et à côté, c'est l'actuelle friterie.

    Encore un char qu'on doit à Henry Lejeune. Céramiste-faïencier de métier, il a toujours manifesté cette prédilection pour les couleurs. Il étudie le dessin dès 1946, il restera cependant autodidacte et son style n'appartient effectivement qu'à lui. Ses rouges sont éclatants, ses bleus, profonds. Rien n'est évident chez lui et la lecture de son oeuvre a plusieurs couches. Tantôt on y aperçoit des êtres fantastiques engloutis dans des labyrinthes inextricables, tantôt on y discerne des insectes bizarres aux tentacules filamenteuses. Plus on regarde son oeuvre, plus on pénètre dans la singularité. Des plantes hybrides venues d'on ne sait où, vous emmènent au gré de leurs arabesques hypnotiques. 

    (à suivre)

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  • Henry Lejeune s'en est allé sans bruit...

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    Autre chromo : un nouveau char du Goûter Matrimonial toujours orné de guirlandes aux couleurs du drapeau belge. Comme l'avait précisé sa fille, la plupart des chars de cette année-là avaient été conçus par l'artiste Henry Lejeune

    L'Ecaussinnois s'en est allé sur la pointe des pieds, ce mardi. En 2001, je l'avais rencontré à la faveur d'une exposition à l'Orangerie du Château de Seneffe. Sur la vitre de la porte d'entrée, il avait collé la mention "exposition inutile". A l'époque, Giacometti et Miro venaient d'exposer en ces mêmes lieux et Henry Lejeune semblait se retrouver "écrasé" entre deux géants. "J'avais l'impression qu'on m'avait fourré dans un coin et je trouvais mon exposition inutile." Et comme si cela n'était pas suffisant, une poignée de jours après le vernissage, New York et le monde entier étaient sous le choc du 11 septembre. "C'est toujours comme ça!", s'était-il exclamé. "Dès que j'expose, il y a toujours quelque chose qui tourne mal mais je n'en fais pas une maladie."

    Lié au surréalisme hennuyer depuis les années 70, le peintre écaussinnois fraye avec Pol Bury, Urbain Herregodt, Marcel Lefrancq, Louis van de Spiegele, Armand Simon. Il est l'un des créateurs des Racines du Manoir avec Jacques Ducaju, Fredy Taminiaux, Claude Gallant...

    La joyeuse bande investit les lieux écaussinnois, les pimentant d'un brin de folie et surtout d'inspiration. On écoute Julos Beaucarne, le trio Chanteclair et Gérard Noël dans la salle d'armes du château fort. On s'adonne à la lessive poétique sur les bords de la Sennette. L'effervescence artistique est à son apogée. Henry Lejeune n'y est pas étranger. Son souffle artistique ne connaît pas de failles et laisse ses empreintes à Ecaussinnes. Comme cette année-là au Goûter.

    Et pourtant, nul n'est prophète dans son pays. Il y a 13 ans, il avouait qu'il exposait davantage à Bruxelles, à Paris ou en République tchèque que dans la région. Mais Henry paraissait se tenir à l'écart de la vie mondaine et des artifices. Il poursuivait son travail en artisan, sans complaisance. L'important pour lui, c'était d'expulser cette énergie créatrice qui vivait aux tréfonds de son âme. "Je produis énormément. Je pourrais faire trois Seneffe mais je ne vends presque pas. Il faut paraître pour ça et en plus, je ne suis pas un élève d'académie... L'important, c'est d'avoir une feuille blanche et de pouvoir la remplir." Tout simplement.

    (à suivre)

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  • Chromos saga : le char du coq et des amoureux de Peynet

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    Deuxième chromo dans ce lot de collection appartenant à mon frère. On voit ici un char du Goûter matrimonial qui descend de la rue de la Grande Ronce (anciennement rue Emile Vandervelde). Et puisque les candidats au mariage étaient accueillis comme des coqs en pâte, voici une évocation colorée et bucolique du coq wallon. On remarque que les amoureux de Peynet y sont représentés.

    Décédé en 1999, Raymond Peynet est un graphiste parisien dont les "Amoureux" ont été déclinés sur nombre de supports partout dans le monde. Créés de sa plume en 1942, les Amoureux ont été imaginés sur un banc de Valence (département de la Drôme), face à un kiosque à musique (mais cela aurait pu être à Ecaussinnes...). Le dessinateur visualise un jeune violoniste aux cheveux longs sous un chapeau melon et une jouvencelle enamourée qui l'écoute. Quelque temps plus tard, le violoniste est devenu poète et elle, sa compagne. Les Amoureux de Peynet en diaporama.

    Le site, c'est par ici!

    (à suivre)

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