lundi, 04 avril 2016

Petite douceur du printemps: "Julos écrit pour vous"

Julos Beaucarne, livre, poésie, poèmes, Je m'étais assise au creux des hautes herbes jaunies, dans le fond du jardin. Un rayon de soleil caressant semblait avoir mis le halte-là à l'hiver. Mais ça, c'était avant. Parce qu'il y a désormais un avant et un après. L'histoire s'écrit souvent en lettres de sang mais l'insouciance et la douceur m'avaient envahie, cet après-midi là, lorsque j'ai ouvert le livre de Julos Beaucarne. Sans doute parce qu'il a été écrit en pleine période flower power... Et qu'aujourd'hui encore, à la lecture de cette brassée de pages, des nuages de coccinelles, des arômes de blé, de humus et de tartes fumantes s'évaporent. 

Je me sentais bien. Les oiseaux papotaient, le ciel était limpide et la terre sentait franchement bon. J'avais trouvé, dans une bouquinerie bruxelloise, "Julos écrit pour vous" et le temps était idéal pour le lire, adossée sur la souche rongée par des champignons fossilisés. En plus, il s'agissait de la première édition, celle de 1975, dans un état plus qu'honorable, conclue à un prix très décent.


julos beaucarne,poète,henry lejeune,poèmes,poésie,chanson françaiseJ'ai savouré le temps qui passait, le friselis des pages que je tournais, le parfum champêtre, chaleureux, vaporeux mais surtout rond et généreux de la poésie de Julos. Préfacé par un dessin du peintre Henry Lejeune qui avait dessiné un Max Elskamp filandreux, le livre se respire comme un bouquet de fleurs des champs. Chaque mot est un pétale qui s'enfile sur un collier odorant. Julos ignore où il va et nous le suivons, l'air béat et la bouche gourmande de mots. Bourrée d'humour et de petits bonheurs, la poésie de Julos Beaucarne laisse la part belle à un bon sens implacable et souvent à un non-sens tout aussi implacable. Et même s'il habite déjà à Tourinnes la Grosse, il lance quelques oeillades à Ecaussinnes.

"on espère que la Joconde sera

exposée dans la maison communale

d'Ecaussinnes d'Enghien"

ou

"en lisant l'almanach du petit

Ecaussinnois je mangeais du

pain d'épices sans pudeur

dans un parc très très très

triste"  

A lire ou à relire avec gourmandise.

La musique de Julos Beaucarne sur un poème de Max Elskamp: O Claire, Suzanne, Adolphine

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