• Au temps des fées et des nutons

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    rocher,trou,fées,nutons,pierres,grotte,fantastique,merveilleuxAutrefois, nos grand-mères racontaient, le soir au coin du feu, les récits fabuleux de notre terroir. Il existe à Ecaussinnes d'Enghien un endroit baptisé "Trou des Fées". Il s'agissait d'un massif de pierres. En 1884, ce bloc de dolomie a été dynamité par des ouvriers du chemin de fer pour les besoins de la ligne Ecaussinnes-Clabecq.

    Mais on ne tue pas la poésie d'un lieu. La preuve ? On dit qu'aux temps anciens, des grottes se trouvaient précisément à cet endroit et qu'elles étaient habitées par d'étranges nutons, des espèces de nains au teint sombre et au regard vif, qui ne sortaient qu'à la nuit tombée.

    Ces curieux personnages savaient mettre la main à tout. Ils étaient de bons coordonniers, d'excellents forgerons, d'habiles tisserands et d'efficaces remouleurs. Qui plus est, ces nutons avaient le coeur sur la main et dispensaient volontiers leurs services aux villageois qui leur confiaient tout travail inachevé devant être fini le lendemain.

    Les épouses des nains apportaient, elles aussi, leur contribution en exerçant la profession de lavandière, la nuit venue. On voyait souvent, au crépuscule, de jeunes servantes de ferme portant une hotte pleine du linge sale de ses maïtres, presser le pas vers la grotte aux fées pour y déposer leur labeur.

    En matière de rémunération, les nutons n'étaient guère exigeants. Une tartine beurrée, un pot de lait ou quelques produits de la ferme leur suffisaient.

    Vint un temps plus ingrat où les humains, non contents d'abuser de ces petits êtres, commencèrent à les dénigrer en glissant des choses immondes entre deux tranches de pain. On raconte que c'est à la suite de ce manque de reconnaissance et de respect que les nutons et les fées disparurent de nos contrées...

  • Le centre du village jadis autour du "Moulin Brûlé"

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    moulin brûlé,centre,moulin banal,brasserie,saint-rémy,eau,senette,incendie,feu,follie,henripontLe centre d'Ecaussinnes ne se situait pas jadis, autour de la Grand Place. Tout laisse à supposer qu'il se trouvait plutôt, non loin de l'Eglise Saint Rémy, en bas de la rue à pente raide (la rue du Pont), sur la petite place qui était entourée par l'Hôtel de la couronne, la Halle, la brasserie banale et le moulin banal, dit "moulin brûlé".

    Ce quartier doit avoir connu une activité intense. Sous le régime féodal, on sait que toute la vie du domaine dépendait de la présence d'un moulin, d'un four et d'une brasserie. Au XIIe siècle, les seigneurs obligeaient leurs serfs à utiliser le moulin. Celui-ci constituera également une source de conflits à Ecaussinnes, d'autant qu'il était établi à la limite de deux seigneureries, pour puiser son eau dans la Sennette.

    Un document datant du XIVe siècle indique que le moulin banal existait déjà à cette époque. On y lit que le moulin en question "fut bruslé aux environs de la défaiste des Templiers". Il sera à nouveau la proie des flammes en 1579, lors d'émeutes. C'est le comte de Jehan Pietkin, receveur du seigneur de Renesse (seigneur de la Follie) qui nous l'apprend.

    Selon un texte conservé au château de la Follie et datant du 1er mars 1369, le moulin aurait d'abord appartenu au seigneur d'Henripont. Ce qui est fort probable puisqu'à l'époque, un moulin pouvait desservir plusieurs seigneuries. Pourtant dès 1369, le moulin passait entre les mains du seigneur de la Follie. Le moulin brûlé restera la propriété de la Follie jusqu'à la fin de l'Ancien Régime.

    En ruine en 1652 à la suite de troubles, il sera entièrement reconstruit en 1614.

  • Scoufflény, une statue dans un nid d'éperviers

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    La légende est sans doute quelque peu tirée par les cheveux mais elle est jolie, l'histoire qui raconte l'origine du nom "Scoufflény". On dit qu'un homme occupé à ébrancher un arbre, aurait découvert une statue de Notre-Dame de Liesse dans un nid d'éperviers. Quand on sait qu'éperviers se dit escouffles en wallon, on comprend mieux comment est né le hameau de Scouffles-nid...

  • Douces douze arcades

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    sncv,nivelles,soignies,pont,raccordement,carrières,scoufflény,ecaussinnes-carrières,tricot,goûterDans l'entre-deux-guerres, la S.N.C.V. décidait de joindre les localités de Nivelles et de Soignies par la création d'une ligne vicinale sillonnant les villages de Monstreux, Bornival, Feluy, Ecaussinnes et Naast.

    Autrefois, un raccordement à voie normale partait des Carrières de Scoufflény, empruntait le grand viaduc de la vallée de la Sennette pour atteindre la gare d'Ecaussinnes Carrières. Cette ligne mise hors service vers 1960, fut démontée quelques années plus tard.

    Ce pont comporte douze arcades. C'était en principe son nom... Jusqu'à ce que Marcel Tricot, fondateur du Goûter matrimonial passe par là... Les "Douze Arcades" allaient dorénavant être rebaptisées "Douces Arcades". Une appellation plus poétique qui habillaient mieux le lieu devenu une promenade romantique sur les hauteurs du centre d'Ecaussinnes.

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  • La pierre de touche du patelin

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    pierre,carrières,hal,braine-le-comte,mons,sainte-waudru,petit granitL'industrie de la pierre est une tradition à Ecaussinnes. On a, en effet, exhumé des documents datant du XIVe siècle qui font allusion aux carrières d'Ecaussinnes. On a ainsi appris qu'en 1382, des pierres ont été achetées à Ecaussinnes afin de réparer un puits au château de Hal. En 1402, Ecaussinnes fournit sa matière première pour la construction de la nouvelle halle de Braine-le-Comte, et plus tard, pour l'édification de l'Hôtel de Ville de Mons et la Collégiale Sainte-Waudru.

    Si Ecaussinnes a toujours été réputé pour l'extraction de sa pierre, le village le doit à la nature supérieure de son petit granit. Ce matériau est considéré comme l'une des meilleures pierres de construction, notamment en raison de son inaltérabilité, son élasticité et son bel aspect.

  • Marcel Tricot, un peu de l'âme d'Ecaussinnes

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    tricot,sennette,journal,gazette,presse,cihl,histoire locale,cercleNé en 1883, Onésiphore - alias Marcel Tricot - fondait l'hebdomadaire La Sennette en 1903. Ce petit journal se faisait l'écho des ragots du patelin avec une verve peu commune. En octobre 1903, Marcel Tricot commence par publier quelques feuilles de propagande, puis crée La Sennette dont il était à la fois le rédacteur, le typograhe et l'imprimeur. Le vendredi soir, il allait même jusqu'à assurer lui-même la distribution de sa gazette aux abonnés du centre du village. Vu le large succès remporté par la canard, Marcel Tricot acquiert une plus grande presse et imprime La Sennette sur quatre pages. Après la première guerre mondiale, trois ouvriers sont embauchés.

    Dans la foulée, l'hebdomadaire atteint, en septembre 1945, le tirage plutôt coquet de 2000 exemplaires. Neuf années plus tard, Tricot capitule. Il s'explique dans La Sennette du 24 avril 1954, en ces termes simples : "Pour maintenir mon activité durant 55 ans, j'ai eu le privilège de jouir d'une bonne santé... mais il arrive un moment où l'heure de la retraite doit sonner..."

    Le 22 septembre 1963, il s'éteint, à l'âge de 80 ans. Pour rendre hommage à la mémoire de ce facétieux Ecaussinnois, le Cercle d'Information et d'Histoire locale, en collaboration avec l'Administration communale et les Amis du Folklore (organisateurs du Goüter matrimonial), appose, le 7 juin 1976, une stèle commémorative sur la façade de sa maison natale.

  • Quand "Belle Tête" s'appelait "Belles-Tettes"

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    Certains employés du cadastre massacrent quelquefois le nom des rues, souvent par distraction, parfois par ignorance mais rarement par puritanisme. Pourtant; il y a fort à parier que le brave fonctionnaire qui a transformé, il y a belle lurette, la rue de "Belles-Tettes" en rue de "Belle Tête" devait faire preuve d'une morale austère. Car c'est effectivement bien des poitrines opulentes de belles demoiselles du cru qu'il s'agissait à l'origine...