jeudi, 22 septembre 2016

Recensement de la population en 1846: coup de phare sur Ecaussinnes

Recensement général 1846.jpgLa Belgique est toute neuve, un enfant encore puisqu'elle entre dans l'âge de l'adolescence humaine lorsqu'on publie le recensement général de la population, arrêté au 15 octobre 1846 et publié par le Ministère de l'Intérieur en 1849. La population est déclinée selon sa commune, sous le rapport de l'habitation, de l'instruction et l'indigence, du séjour, de l'état civil,... 

Selon les statistiques établies par l'organisme, on découvre d'intéressantes statistiques au sujet d'Ecaussinnes. A l'époque, les gazouillis d'oiseaux et le meuglement des vaches rythmaient les déplacements. Et la lenteur était une vertu. 

Si l'on observe les statistiques, on remarque une population très modeste. Ecaussinnes-d'Enghien, il y a 1781 hommes et 1750 femmes, soit 3531 en tout. Le nombre de maisons habitées s'élève à 730. A Ecaussinnes-Lalaing,il y a 434 hommes et 489 femmes. Le total est de 923. Il y a 491 maisons habitées. Et à Marche-lez-Ecaussinnes, on recense 936 hommes et 941 femmes, ce qui fait 1877 habitants. Pour 396 habitations.

On y note également une poignée de détails intéressants. Marche est sillonnée par plusieurs cours d'eau dont le Brabant qui à l'époque, sert deux moulins à farine (il y en a trois dont un activé par le vent) ainsi qu'à irriguer des prés. On n'y compte pas moins de quatorze fermes, mais aussi trois moulins à chicorée, une brasserie, des tonneliers, des cordiers, des affineurs de lin et un marchand de vin... entre autres.

A Lalaing, on dénombre onze fermes et on y cultive le pommier, le poirier, le cerisier et le noyer. Il existe deux carrières riches en pierres bleues et grises d'une qualité supérieure. Là aussi, on y trouve notamment deux brasseries, une tannerie et une blanchisserie de toiles. Et pourtant, aucune route importante ne traverse le territoire.

A Ecaussinnes d'Enghien, l'exploitation des carrières emploie une masse importante d'ouvriers. "Lorsque les circonstances sont favorables à ce genre d'industrie, les carrières des Ecaussinnes offrent une source de prospérité pour cette commune, à cause de la grande activité des travaux d'exploittaion et de transport qui font régner une certaine aisance parmi la classe ouvrière; mais celle-ci est réduite à un état déplorable, lorsque ce commerce languit ou éprouve des interruptions", peut-on y lire. S'il n'existe alors aucune grande route, une chaussée joint le hameau de Belle-Tête à la route de Braine-le-Comte. Le hameau de Belle-Tête est composé d'une quarantaine d'habitations, ce qui lui donne l'aspect d'un village. 

jeudi, 30 juin 2016

Le goûter matrimonial en opérette

Opérette2 (Copier).jpgEpinglé sur un site d'enchères célèbre, ce programme d'une opérette en trois actes et quatre tableaux qui fut interprétée en 1942, par le Cercle Symphonique d'Ecaussinnes. José Miette qui signe ici la musique, fut parolier et auteur de plusieurs revues et opérettes, si l'on s'en réfère au Dictionnaire de la Chanson en Wallonie et à Bruxelles de Robert Wangermée. C'est lui qui est l'auteur de "Goûter Matrimonial" avec Octave Grillaert, auquel on doit près de 10.000 oeuvres. Octave Grillaert est décédé en  1979. Le 27 septembre 1982, une plaque commémorative a été inaugurée sur sa maison d'Etterbeek.

samedi, 25 juin 2016

Une soirée sans chichis au coin de l'âme de Julos

télévision, julos,julos beaucarne,poésie,poèteNatif d'Ecaussinnes, Julos Beaucarne célébrera ce lundi 27 juin, son quatre-vingtième printemps. L'occasion de retrouver notre troubadour le plus sensible sur la Trois, samedi soir, pour un Seniorama enregistré en 1975. Michel Lemaire et Régine Legrand recevaient l'artiste devant un public. Il y dévoilait sa fascination pour le Québec et son amour passionnel pour la langue française, son engagement humain aussi et son infatigable combat contre l'injustice. En présence de ses musiciens, il interprète notamment "Le petit bout du petit ongle rose", "Rose" et l'hymne écaussinnois de toute une génération  "La p'tite gayolle". On le verra également dans un sketch, "Le petit Jésus". Cette émission est d'autant plus poignante, d'autant plus authentique que Julos venait de perdre sa femme (à la Chandeleur).

Un concert enregistré à Hélécine, le 7 juillet 1981, sera ensuite diffusé. Il chantera des titres comme "Adam et Eve" (oui, les Ecaussinnois!), "Le fossoyeur itinérant", "Lolotte", "Ô Claire Suzanne Adolphine" (Ecaussinnes encore), "Lettre à Kissinger", "Les sinistrés"... Sur son premier opus, "Premières chansons" de 1971, ce titre savoureux et gorgé d'ironie a été composé par Jean Baguet. Chaque couplet se clôture par un suppliant tout aussi que désopilant "C'est ni pou nous, c'est pou les sinistrés." 

La soirée spéciale se termine par un "Noms de Dieux" mis en boîte en 1998. Edmond Blattchen y avait invité Julos qui confessait ne pas croire en Dieu mais affirmait néanmoins avoir une foi inébranlable en l'homme ainsi qu'un optimisme à toute épreuve. Envers et contre tout. Et malgré le drame qui a bouleversé sa vie en 1975. Dans une lettre ouverte écrite après le meurtre de sa femme, Julos trouve encore la force de dire qu'"il faut aimer à tort et à travers." La leçon sans cesse rafraîchissante d'un artiste visionnaire qui résonne de façon désormais plus moderne et plus urgente aujourd'hui... A voir, ce samedi ou préparez vos décodeurs!

21h01 : Seniorama

21h30 : Face au public Julos Beaucarne (Concert enregistré en 1981)

22h41 : Noms de Dieux, Julos Beaucarne (1998)

(Photo Daniel Fouss, http://julosland.skynetblogs.be/)

Lors de cette émission diffusée le 23 avril 1977, Julos Beaucarne interprète "Le petit royaume" (Archives INA France)

01:47 Écrit par Nadine Lebrun dans Arts, Télévision | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : télévision, julos, julos beaucarne, poésie, poète |  Facebook | | Pin it! | | |

vendredi, 10 juin 2016

Le Sunday Star de Wahington D.C. en parle en 1910

The Sunday Star Washington DC January 1 1911 (Copier).jpgDans une rétrospective du 1er janvier 1911 du Sunday Star de Washington D.C., une rubrique évoque les facéties de Cupidon et il y est naturellement fait mention du Goûter matrimonial d'Ecaussinnes de l'année précédente. Cocorico! La présidente se nomme Marie De Ceuleneer. On y parle de la petite ville (sic) d'Ecaussinnes-Lalaing qui organise chaque année son "matrimonial lunch" et il y est souligné qu'avant 1902, les chances pour une fille de se marier étaient de une sur cinq parce que la plupart des jeunes hommes émigraient ou cherchaient épouses à l'étranger. "Nul besoin de préciser que les chances de trouver un mari ont été décuplées." C'est tout. Anecdotique sans doute mais il n'est fait mention dans cet article que de potins américains.

BIB-AFF-C-000086_2011_0001_AC_large2.jpg

Universiteitsbibliotheek Gent

21:29 Écrit par Nadine Lebrun dans Goûter matrimonial, Journaux d'époque | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : usa, sunday star, lunch, 1911, journal |  Facebook | | Pin it! | | |

lundi, 23 mai 2016

Des Joyaux de la Couronne à Ecaussinnes aussi

Joyaux de la Couronne 2.jpgJoyaux de la Couronne 1.jpgCe livret de 24 pages peut facilement passer inaperçu, surtout si l'on ne s'intéresse pas à la monarchie. Et pourtant, le fascicule n'a en réalité rien à voir avec la royauté, puisqu'il s'agit d'informations touristiques sur le Hainaut. Un livret qui a été publié par la Fédération du Tourisme de la Province de Hainaut, sans mention de date mais qui doit vraisemblablement dater de la fin des années 50 ou du début des années 60. Garni de photographies en noir et blanc, il est préfacé par Alexandre André, député permanent et président de Hainaut-Tourisme. Ce politicien socialiste originaire du Borinage mais installé à La Louvière, remplaça Ernest Martel en tant que député permanent, en 1938 et instaura, en Hainaut, les "séances de délassement intellectuel". Détail qui a son importance, cette brochure a été imprimée en Belgique.                                                                                            Joyaux de la Couronne 3.jpg

Ecrit par Jean Goffin, conseiller artistique au Commissariat Général au Tourisme, le texte évoque bien entendu les châteaux des Ecaussinnes. "Parlant ainsi d'amour, comment ne pas songer immédiatement à Ecaussinnes et son goûter matrimonial, lequel débute - comme vous savez - au pied du Château d'En Haut, pour se terminer - du fait d'on ne sait quel symbolisme narquois dans le tunnel des amoureux... du Château de la Follie!"

                                           Joyaux de la Couronne 4.jpg

L'auteur s'attache d'abord au Château d'En Haut qui surplombe la place de la Ronce, lieu des festivités du goûter matrimonial. "(...) le mariage, comme la ronce, n'est pas sans épine.", ironise Jean Goffin. "Ce que les faits eux-mêmes semblent accréditer, puisqu'au XIIe siècle, les Ecaussinnes ne formaient qu'un seul village - j'allais écrire un seul ménage - et que, depuis lors, la séparation perdure entre Ecaussinnes-Lalaing et Ecaussinnes-d'Enghien... par consentement mutuel." 

La Follie, "jadis forteresse lui aussi, grâce à de profondes et redoutables douves aujourd'hui comblées, c'est à présent, du fait de remaniements successifs, un château grâcieux dont le parc s'orne de prestigieux massifs de hêtres rouges centenaires."

A l'époque, le château de la Follie était ouvert aux visiteurs du 1er juillet au 30 septembre et l'entrée coûtait 10 francs. Le château-fort était accessible tous les jours de Pâques à la Toussaint (sauf le vendredi), et le tarif était de 5 francs.